Co-création : Qu’est-ce le Code de la Vie ?

Qu’est-ce qu’un code ? A quoi cela sert-il ? 

C’est le sujet sur lequel Jérôme et moi avons échangé dans le but de co-créer cet article. Je vous partage donc ici le fruit de nos échanges et de nos réflexions communes.

    Le code est très souvent une combinaison de chiffres ou de lettres, voire des deux. Il permet de débloquer par exemple le cadenas qui protège votre vélo ou celui de votre journal intime. Il est aussi ce qui permet d’accéder à votre « espace personnel » pour consulter l’état de vos comptes en banque, ou faire le point sur votre consommation d’énergie au cours de ces derniers mois.

    Le code, c’est également un langage. Il permet notamment de créer des programmes informatiques. Pour comprendre ce code, on doit l’apprendre. On doit comprendre ce qu’il est, ce qu’il veut dire, et ce à quoi il fait référence. En résumé, c’est quelque chose qu’on doit connaître, pour ensuite l’utiliser correctement, de la façon qu’il (nous) convient. 

   Le code, c’est enfin un manuel : il nous donne des consignes ou fixe un cadre ou des limites à ne pas enfreindre. On pourrait prendre pour exemples le Code de la route ou celui du travail. 

Mais alors, qu’est-ce que le Code de la Vie ?

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S’autoriser

Je n’arrive pas encore à m’autoriser…

D’abord, je n’arrive pas encore à m’autoriser de ne pas réussir. C’est difficile de me dire que l’échec est possible et qu’il est tout à fait normal. C’est difficile de considérer un échec plutôt comme un apprentissage. Et pourtant je sais qu’il en est un. Je sais qu’il est normal d’échouer avant de réussir. Je sais qu’on ne peut pas arriver à atteindre un grand objectif comme ça, d’un seul coup, au bout d’une seule tentative. Je sais qu’il faut plusieurs essai, et de la persévérance. Je le sais. Mentalement.

Ensuite, il est aussi vrai que je n’arrive pas encore non plus à m’autoriser de réussir. Je doute encore trop de pouvoir être à la hauteur, par rapport à ma maladie notamment. J’ai peur qu’elle ne me permette pas de gérer les choses. En fait, le plus frustrant, c’est que je me sens encore parfois comme quelqu’un qui a des capacités moindres par rapport à quelqu’un qui n’est pas malade. Et je ressens cela, même si j’ai conscience que, sur certains points, j’ai déjà réalisé beaucoup plus de choses qu’un valide !

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Premier bilan de cette série d’articles

J’avais l’envie de faire un premier bilan aujourd’hui, dans cet article. Un premier bilan sur ces quelques semaines d’écriture sur le blog du Code de la vie.

Pour me remémorer tout ce dont j’avais déjà parlé, j’ai donc relu l’ensemble de mes articles. Cela m’a permis de me sentir fière ! J’ai (re)pris conscience de tout le contenu (les thèmes) que j’avais déjà partagé, et de tout ce que j’avais déjà raconté concernant mon histoire, mes défis perso et professionnels, ainsi que sur certaines des solutions que je mets en place (avec plus ou moins de difficultés, on va y revenir) au quotidien pour faire en sorte que mes journées soient les plus significatives possibles…

Faire ce premier bilan, c’est me donner l’occasion de faire le point sur ce qui va et ce qui ne va pas, pour voir ce qui peut être amélioré et comment.

En me relisant, j’ai vu que j’avais déjà abordé pas mal de thèmes : 

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Changer son langage intérieur

Depuis quelques temps, je m’aperçois de plus en plus de ce langage intérieur négatif que j’entretiens… Un langage intérieur qui ne croit pas en moi, mais surtout qui ne croit plus trop en mes capacités professionnelles et en la possibilité de vivre de l’activité de formation en ligne que j’ai créée il y a déjà deux ans.

J’ai lu pas mal de choses à ce sujet du langage intérieur, notamment qu’il est ce qui va créer une très grosse partie de votre réalité. Et effectivement, ma réalité professionnelle lui ressemble bien.

Je me répète souvent : « ça ne décolle pas ! », et effectivement : ça ne décolle pas. Je vous dirai plus bas comment je fais de plus en plus en sorte, maintenant que j’en ai conscience, de changer petit à petit mon langage intérieur. Et bien sûr, dans un futur article j’espère vous rapporter les résultats concrets de ce changement de façon de penser !

Si je fais comme une sorte d’état des lieux de mon vécu et de comment j’ai appris à appréhender la vie de façon générale, je constate que je n’ai pas vraiment appris à cultiver un langage positif envers moi-même, bien que naturellement je sois plutôt du genre optimiste, toujours à relativiser ce qui m’arrive, à prendre les choses avec un certain humour et recul. 

Je n’ai pas appris non plus à entretenir un langage intérieur qui me projette dans une vision positive de ma vie, dans une réalité qui deviendrait ce que je voudrais vraiment qu’elle soit. Ou alors, quand je l’ai fait, j’ai été vite déçue et j’ai vite « abandonné l’idée ». Sûrement un défaut de persévérance, comme celui que j’ai déjà évoqué dans cet article.

Mais rêver, je me disais que ce n’était pas pour moi. ça ne me semblait pas non plus être pour nous (ma famille) : on avait connu bien des galères, surtout au niveau de la maladie et du handicap.

J’avais donc plutôt appris à composer avec la réalité, à faire en fonction de ce qui était. A être aussi « terre à terre » comme on dit.

En grandissant et notamment « grâce à » l’apparition de la maladie, j’ai appris que je pouvais obtenir de la vie tout ce que je voulais, ou presque, du moment que ce n’était préjudiciable pour personne.

Ma rencontre avec le bouddhisme y a fortement contribué. (Merci ma tante !) J’ai alors appris à prendre la responsabilité de tout ce qui m’était arrivé jusqu’à présent. J’ai appris que j’avais « choisi » de vivre tout ça, parce que j’avais une mission bien à moi à accomplir. J’ai appris que ma vie pouvait elle aussi, malgré ma condition, aider et inspirer les autres. Il suffisait pour moi de trouver comment !

Comment aider ? Déjà en étant convaincue de pouvoir le faire. Et c’est là que revient la question du langage intérieur négatif. Car il est bien présent chez moi, sous la forme du doute notamment. Je vous invite à (re)lire mes précédents articles pour ne pas trop me répéter ici.

Comment je me convaincs de plus en plus de pouvoir aider ? D’abord en prenant conscience de mon langage intérieur, en écoutant ce que ma petite voix me dit. Puis en travaillant à changer ce langage intérieur !

Comment est-ce que j’arrive à changer petit à petit ce langage intérieur ? Parce que ce n’est pas magique, il faut un peu de temps pour changer ces vieilles habitudes, ces « bonnes » vieilles habitudes qui n’ont de « bonnes » que le nom !!!

Je prête donc plus souvent attention à tout ce que je me dis de négatif et de cassant. Puis j’exprime et en me répète une formule plus constructive, positive, voire son opposé.

Ex : « Je suis nulle » devient « j’apprends » ou « je fais de mon mieux. »

Ou alors, je reprends mon propos négatif et j’y apporte une nuance :

Ex : « Mon activité ne décolle pas » devient « Mon activité ne décolle pas, pour l’instant ! »

Je peux aussi consigner ces phrases négatives dans un cahier, où je note juste à côté leur version positive. Puis je les relis souvent. Pour m’en imprégner. Me mettre dans de bonnes vibrations. Me rappeler que je vis un processus, que le bon va m’arriver, quand cela sera le bon moment.

Voilà, c’est fini pour ce soir ! (Mon Valentin m’attend J )

Mais avant de vous laisser, je vous partage mon objectif qui est de continuer à travailler sur mon langage intérieur, à identifier les freins que je me mets encore (inconsciemment ou pas) et … à partager avec vous le changement que cela va créer dans ma vie.

 Belle soirée à tous les amoureux, et si vous n’avez encore personne à aimer, aimez-vous déjà vous-même. C’est l’essentiel !

En attendant le travail

Peut-on se sentir accompli(e) quand sa vie de tous les jours n’est pas encore ce qu’on voudrait qu’elle soit ?

Comment est-ce que j’arrive à gérer mon quotidien, pour que chaque jour ne soit pas qu’une simple journée qui passe, pour que chaque jour ait du sens ?

Comment trouver du sens à mes journées lorsque le travail n’est pas encore au rendez-vous ?

I. Me sentir accomplie, mais comment ? Le travail et moi.

Malgré la maladie, j’ai toujours voulu travailler. Travailler c’était donner un sens à ma vie, en étant utile aux autres. C’était aller au-delà de mon handicap, pour trouver ma place dans la société.

Quand en avril 2002, âgée d’à peine 21 ans, une neurologue m’a diagnostiqué les premiers signes cliniques et annoncé le nom de ma maladie (Strümpell-Lorrain), ce qui m’a le plus questionné à ce moment-là est : « Mais comment vais-je réussir à travailler ? »

Depuis toute petite,  je voulais devenir professeure des écoles. J’adorais les enfants mais je ne sais pourquoi, l’annonce de la maladie a démoli ce désir d’être prof… Je me disais : « Mais comment pourrais-je gérer des petits bouts dans une classe en étant en fauteuil roulant ? »

Ce deuil à faire me mettait dans une tristesse profonde. J’étais perdue, je ne savais plus où j’allais et ce que j’allais devenir, car je ne me voyais pas faire autre chose que prof à l’école maternelle (ou « au pire » en primaire.)

Je me souviens particulièrement d’un soir où, face à ma tristesse et mon désarroi, ma mère avait prononcé ces paroles cinglantes : « Ben, si tu te mets dans cet état-là, ça ne sert à rien qu’on te paye tes études. Tu n’as qu’à arrêter et tu feras bonniche ! » Je sais aujourd’hui qu’elle a fait ce qu’elle a pu, avec les ressources de mère qui étaient les siennes à l’époque. Avec une certaine maladresse, elle ne voulait que très certainement me faire « réagir », dans le sens de me faire comprendre que ma maladie n’était pas synonyme de « fin du monde », de prendre comme exemples mon père et mes tantes qui eux, avaient quand même pu travailler malgré la maladie génétique qui touchait notre famille.

Malgré les explications que je viens de donner, certains vont peut-être penser que ma mère était immonde de tenir de tels propos. Je l’ai bien évidemment aussi pensé ce jour-là ! Ce n’était pas vraiment les paroles réconfortantes que j’aurais eu besoin d’entendre de sa part. Je suis alors partie chez ma tante ce soir-là pour prendre du recul.

Très tôt dans la maladie, j’ai cumulé handicap moteur et visuel. Il m’a fallu venir apprendre le braille en Loire-Atlantique. C’était en 2004. Au cours de cet apprentissage, nous avions travaillé sur notre projet professionnel. C’est là que j’ai pensé à former les adultes, à défaut de me sentir capable de le faire maintenant auprès d’enfants.

J’ai appris le braille et l’informatique adapté au handicap visuel pendant dix mois, puis j’ai repris des études de psychologie pendant deux ans.

J’ai pu effectuer un stage à l’été 2007 où j’apprenais le français à différentes catégories de personnes, étrangères ou non. Cela a été une révélation !

Ensuite, je me suis formée au métier de formatrice professionnelle d’adultes (200862009) pour postuler à un poste au sein de l’association qui m’avait acceptée en stage. Après 4 ans de travail, mon entreprise a fermé. J’ai alors entrepris de créer mon activité en ligne qui me permettrait de continuer à aider les gens, tout en tenant compte de ma santé, de ma motricité et de ma fatigabilité qui avaient évolué…

Cette activité étant récente, je n’arrive pas encore à diffuser mes services de manière à en retirer des revenus décents. Le trait commun à tous les entrepreneurs, c’est de se faire connaître. Pour moi qui ai du mal à me déplacer, c’est plus compliqué.

Alors j’occupe mes journées de mon mieux. Mais elles ne sont pas toujours des plus significatives…

II. Quand est-ce qu’une journée n’est pas significative comme je voudrais ?

Une journée qui ne se passe pas comme je veux est une journée où j’ai l’impression de ne pas avoir avancé concrètement sur mes projets ou  mes « dossiers » importants et en cours : comme lorsque je dois remplir un dossier, faire mes comptes, rédiger un courrier administratif…etc. En général, ces « choses à faire » sont des choses à faire « pour moi ». Il m’est beaucoup plus simple de faire ces « trucs » pour les autres. 🙂

Concrètement, que se passe-t-il au cours de cette journée « pas comme je voudrais » ?

Cela peut être une journée où j’aurais eu tendance à repousser (procrastiner, dit-on…) ce que je sais avoir « de mieux à faire », au profit du ménage (et surtout des poussières ! (Grr !) ou d’une tâche de moindre importance. 

C’est une journée où je n’ai pas vraiment réussi à être disciplinée…  Où j’ai par exemple consulté mon téléphone alors qu’il était en mode silence, ceci pour me permettre LOGIQUEMENT,  de trouver la concentration. 

Je consulte alors mes mails et les réseaux sociaux à je ne sais combien de reprises.

Je joue bien trop souvent à ces petits jeux interactifs en équipe ou entre amis FB. Des petits jeux à base de lettres pour créer des mots et dont les parties ne durent que très peu de temps. « Une dernière, après j’arrête ! » « Mais oui, mon œil ! »

III. Qu’est-ce qu’une journée pleine de sens pour moi ?

Dans le désordre et dans l’ordre où les choses me viennent, je dirais qu’une journée pleine de sens serait une journée où j’ai accompli tout ce que j’avais prévu et planifié , et même plus ! (Le must !)

C’est une journée où j’aurais aussi pu aider quelqu’un avec mes compétences.

C’est une journée où j’aurais eu le temps de prendre soin de moi ET des autres. Pas juste de moi ou juste des autres, non ! Les deux en même temps, et j’ai même envie de dire « de moi d’abord. » Si je ne m’occupe pas de moi, qui le fera ? Car je suis théoriquement celle qui me connaît le mieux.

Et si je ne m’occupe pas de moi en premier, comment puis-je m’occuper sainement des autres, tout en gardant mon énergie ?

IV. Trouver du sens à mes journées lorsque le travail n’est pas : Ce que je fais déjà et ce que j’aimerais aussi réussir à faire pour être comblée par ma journée.

Une journée-type du must-de l’idéal-dans mon rêve le plus fou serait une journée où :

  • Je prends soin de moi : Je médite un peu le matin pour lâcher prise sur ce qui ne va pas ou n’est pas encore là. Pour focaliser sur du positif. Pour exprimer ma gratitude d’avoir ce que j’ai et d’être qui je suis. Pour demander à l’Univers, la Vie (appelez cela comme vous voulez) que cette journée soit significative. Je me concentre sur ma respiration pour faire redescendre la pression si besoin.
  • Je passe à l’action : je réalise au cours de cette journée toutes les tâches nécessaires à ma progression, celles qui me font avancer.
  • Avant celles-là, je peux aussi me mettre en action, en marchant un peu ou avec un peu de ménage. Mais je fais attention, car comme je l’écrivais plus haut, il peut y avoir un peu de fuite/procrastination dans le ménage. Je dois aussi m’occuper de faire des exercices d’étirements pour mes jambes.
  • Je prépare des repas sains et qui me font plaisir à manger, pour moi et mon doux foyer.
  • J’accorde du temps et de l’écoute à chaque personne/animal de la maison.
  • Je fais une bonne sieste de 20 min l’après-midi.
  • Je lis des choses qui font du bien.
  • J’écris pour inspirer.
  • Je regarde au moins un épisode de Game of Thrones. (Merci à celui qui m’a fait découvrir cette série addictive…)
  • Je consulte mes mails seulement une fois dans la journée.
  • Je m’arrête de jouer à mes p’tits jeux sur téléphone quand je sens que je suis fatiguée.

Et vous, que faites-vous pour que vos journées vous paraissent [plus] significatives ? Quelles sont les petites manies dont vous aimeriez pouvoir vous passer ? Et s’il y en avait, comment avez-vous réussi à les dépasser ?

Planifier ses envies

Chers lecteurs et chères lectrices passionnés par mes aventures (hi hi hi !),

Respecter son ressenti et laisser libre cours à ses envies.

La narration de ma rencontre avec Fernande reprendra un peu plus tard, car même si j’ai vécu des moments mémorables avec elle, il m’est difficile de m’y replonger actuellement. Non pas que cela soit dur. C’est seulement parce que je n’ai pas l’envie d’une simple narration des événements. Quand j’écris, j’ai avant tout besoin que les choses soient naturelles, qu’elles viennent/sortent d’elles-mêmes. J’aime écrire pour inspirer, pas seulement pour raconter.

Aujourd’hui, j’avais donc plutôt l’inspiration de laisser libre cours à l’écriture. Ecriture intuitive, je crois que c’est comme ça que ça s’appelle. Alors allons-y ! Je vais écrire ce qui me vient. Je reviendrai certainement dessus, mais ce ne sera que pour améliorer la qualité et la fluidité de votre lecture et de sa compréhension.

Retour sur le contexte de cette fin d’année 2018

Après une fin d’année 2018 forte en belles émotions, ce que je raconterai vraisemblablement lorsque j’aurai pris un peu plus de recul sur elles et leur sens profond, je suis maintenant arrivée dans une phase de (re)construction. Non pas que j’ai été détruite, non. C’est seulement parce que je me suis sentie un peu perdue sur mon chemin de vie. Je ne savais plus trop où j’allais, ce que je voulais pour moi, pour mon entreprise sur le web. Je n’arrivais pas à désirer autre chose que de profiter de la belle énergie du moment présent et de l’amour que je venais de retrouver…

Jérôme et son coaching sont arrivés peu avant ce moment-là et m’ont permis de commencer à m’y retrouver. A ME retrouver : dans ce que je suis (défauts, qualités), ce que je veux …etc.

Grâce à ça, j’ai commencé à (re)construire mon quotidien. (Re)construire, dans le sens de « rétablir les fondations », pour que ce quotidien soit constructif et plein de sens, malgré ma situation.

Quelle situation ? En voici quelques détails.

« Mais quelle est donc la situation dont tu fais référence Ludivine !? » vous demandez-vous.
Alors, si vous ne me connaissez pas encore… Comment c’est possible ça ? On est en 2019 quand même ! (*), vous allez connaître l’essentiel grâce aux quelques lignes suivantes :

J’aime parfois, mais toujours gentiment et à dose homéopathique, « me la péter »(*) comme on dit !
Mais en fait, j’ai surtout beaucoup d’humour et d’auto-dérision ! Je suis très humble et plutôt discrète en groupe ou en société. J’arrive à me lâcher seulement quand je suis en confiance.

Je suis un p’tit bout de femme de bientôt 38 ans, en situation de handicap lié à une maladie génétique invalidante.

En raison de ma santé et de ma fatigabilité particulière, je ne travaille plus depuis quelques années, mais avant, j’étais formatrice pour adultes et j’aidais les personnes à réacquérir les compétences dont elles manquaient : en français, en maths, en bureautique, en informatique, en biologie, en physique/chimie …etc.

Depuis 2017 et dans l’esprit de pouvoir continuer à travailler malgré la maladie, à me sentir utile à la société en quelque sorte, je développe mon activité en ligne pour continuer d’aider les personnes autour du français :

  • Celles qui ont besoin d’être relues et corrigées (les auteurs, ou ceux qui ont des sites web),
  • Celles qui veulent progresser en français. Pour elles, j’ai conçu une formation en ligne ultra géniale qui vous redit seulement l’essentiel à savoir (sans tout ce jargon scolaire inutile) pour vous débrouiller à l’écrit et vous réconcilier avec le français.

Malgré tout ce que j’ai mis en place jusqu’à présent (la technique et tout et tout), je n’arrive pas encore à atteindre ma cible et à en retirer des revenus réguliers.

Ecrire

C’est pour cela que, depuis le coaching avec Jérôme, je réapprends à optimiser ce temps que j’ai en mettant en place des créneaux d’écriture.

Cette envie d’écrire, je l’ai vue ré-émerger il y a quelques mois. Une envie d’écrire pour inspirer. Parce que je vois bien que lorsque j’ouvre la bouche pour parler de moi, vos yeux et vos oreilles sont tout grands ouverts…

J’ai surtout pris conscience de ma capacité à inspirer depuis mon voyage au Québec.

En effet, j’y suis partie deux mois l’an passé (mai et juin 2018) après ma séparation sentimentale. Je suis partie toute seule avec mon fauteuil roulant manuel, mon fauteuil électrique m’ayant lâchée la veille du décollage ! Shit !

Pour respecter mes besoins de repos au quotidien, j’avais pioché dans mes économies pour louer un camping-car tout du long de mon voyage. Ceci afin certes, de faire le tour du pays, mais aussi pour aller rencontrer « pour de vrai », les amis virtuels que je connaissais sur Facebook.

Une folle envie, mais des difficultés pour y arriver.

A mon retour, je vous le disais, j’avais l’envie d’écrire sur ce voyage, mais je ne savais pas comment faire, et j’étais aussi et surtout envahie par un sentiment d’imposture, je me sentais illégitime. Je ne vais pas en parler plus longuement ici parce que j’ai déjà évoqué cet aspect dans mon premier article.

Par contre, aujourd’hui et parce que c’est l’inspiration du moment qui me vient (Je rappelle que je suis en mode « écriture intuitive pour inspirer. »), je vais évoquer avec vous ce que je suis en train de remettre en place pour m’aider à écrire et (re)construire mon quotidien. Pour que cette tâche d’écrire, passe de la simple envie à la concrétisation.

Mon secret pour écrire + 1 cadeau

Pour que cela devienne concret, j’ai tout simplement remis en place un système que j’utilisais pourtant déjà, avant de partir en voyage : un simple emploi du temps, tout aussi simple que celui des cours que j’avais au collège ou au lycée.

Mon côté généreux vient là de s’exprimer spontanément en moi, et j’ai l’envie de vous faire un p’tit cadeau ! J Vous allez pouvoir télécharger mon modèle de planning ici gratuitement, au format Excel (modifiable) ou PDF (directement imprimable et établi pour le mois.)

Vous pourrez ainsi vous essayer à l’utiliser, pour vous l’approprier ou bien vous rendre compte le cas échéant, que ce n’est pas un fonctionnement qui vous convient.

Je l’ai conçu pour qu’il tienne sur une demi-page au format A4 (soit, au format A5).  J’imprime celui des deux prochaines semaines puis je les colle dans mon Bullet journal. Je le plus possible en vue, sous mes yeux (devrais-je dire plutôt « sous mon œil »J.

Ma méthode pour le remplir

Dans ce simple tableau sur Excel, je consigne toutes mes activités pour chaque jour de la semaine : mes rendez-vous, mes temps de repos, ceux consacrés aux courses, au ménage, aux lessives…etc.

Une fois que tous les impératifs sont calés, je prévois les créneaux pour répondre à mes besoins et/ou mes envies : la méditation, la lecture, et l’écriture !

Je dirais même que, l’écriture pour moi devient un impératif. Si je veux m’y entraîner et développer mes capacités à, je dois décider de pratiquer cet art de manière régulière.

Quand j’ai fini une activité, je la raye puis je m’octroie un petit temps pour moi, pour me féliciter.

Le soir, je fais le point : ai-je pris du retard sur ce qui était prévu ? Pourquoi ? (Je rattrape mon retard en premier le lendemain.).
Je regarde aussi la veille au soir ce qui est prévu pour le lendemain. Cela m’évite de me réveiller en pleine nuit pour tenter de m’en rappeler.

Le matin même, je revois encore mon planning, ce qui me remet en mémoire les tâches prévues pour aujourd’hui.

Et vous, planifiez-vous vos journées ? Utilisez-vous un planning ? Et si vous avez téléchargé le planning, est-ce que celui-ci vous a aidé et en quoi ?

N’hésitez pas à partager tout ça en commentant.

A bientôt !

Ludivine

Comment garder la tête hors de l’eau ?

Comment garder la tête hors de l’eau ?

Ou encore, comment rester serein dans des situations délicates, challengeantes ?

Comment ne pas péter un câble ?

Comment ne pas se laisser submerger ?

Comment rester calme ?

Voici des questions relatives à des situations qui me reviennent régulièrement et pour lesquelles les réponses sont souvent “faciles à dire”. Pourtant les solutions pour arriver à m’en dépêtrer ne sont pas toujours faciles. Elles sont même parfois décevantes.

Cependant, les solutions pour s’en sortir grandi(e) existent bien et elles sont nombreuses.

Là où les choses peuvent rapidement se compliquer, c’est quand j’attends que ce genre de situations m’arrivent pour me pencher sur les solutions à trouver. Il est alors généralement trop tard, mais cela ne veut pas dire que c’est impossible !

Il y a à mon sens deux méthodes possibles. L’une se trouve dans la prévention, l’autre se
trouve dans la gestion de l’urgence.

Nous n’aborderons ici que la situation de gestion de l’urgence, pour que celle-ci se réduise et devienne plus facile à gérer avec le temps. L’idée est de retrouver une situation qui puisse vous être plus acceptable et confortable, jusqu’à ce que cette solution de “gestion de crise” devienne pour vous une habitude vous permettant d’anticiper.

Par exemple, je cherche à “guérir” de quelque chose parce que cette chose me fait souffrir. C’est comme s’il y avait une urgence quelque part, en moi, dans mon corps.

Je souffre généralement parce que cette chose n’a pas été pleinement traversée, ou que je ne l’ai pas suffisamment ou clairement exprimée. Il y a alors quelque chose qui bloque, dont l’énergie ne circule pas ou plus et qui m’amène à cet état d’inconfort.

Ce sentiment désagréable que je ressens peut être dû à une idée, une pensée, ou à un manque ressenti et que je garde en moi. Malheureusement, tout ce qui stagne finit par mourir et a besoin de renouveau. Malheureusement, ou heureusement.

Lorsque je rencontre ces situations inconfortables et que je ne me sens pas outillé pour y parer, mon corps lui va s’exprimer clairement,..

Bien souvent, c’est au moment où ça ne va pas que je cherche à déterminer ce que je ne comprends pas ou ne maîtrise pas. Autrement dit, c’est seulement quand je m’aperçois que cette situation m’est insupportable à vivre qu’intervient ma recherche de solution(s).

Je n’ai alors qu’une envie, celle de me défaire au plus vite de cette situation dans laquelle je me trouve. Pour la seule raison que cela m’est inconfortable et douloureux, mais aussi pour le fait qu’au cours du temps la panique et l’angoisse gagnent du terrain.

Il n’y fait vraiment pas bon vivre. Je me hâte alors de trouver une situation plus calme, pour répondre à mon instinct de survie. Cela paraît une attitude logique et c’est bien ce que la majorité fait. Or, est-ce la meilleure solution ?

Mes solutions d’urgence sont les solutions que j’applique en tout dernier recours pour shunter (court-circuiter) la douleur, les crises, les « c’est plus possible ! »

Maintenant, je vais vous partager mes astuces et de possibles alternatives entre ce qui est à faire et ce qui est fortement à éviter pour gérer les crises. En tout cas, c’est ce que j’ai pu expérimenter et que je suis donc à même de vous conseiller.

Ce qui est conseillé :

  • La toute première chose est de se responsabiliser, de prendre la décision et d’avoir la ferme intention de trouver une solution. Lorsqu’une volonté est présente, alors un chemin existe, comme disait mère Térésa.
  • Prenez du recul et faites un état des lieux de la situation. Que ce soit en termes d’espaces, de temps, d’échéances et d’impératifs.
  • Amplifiez et régulez votre respiration pour mieux alimenter votre corps. Si je ne peux en effet pas changer l’extérieur, je peux me donner la possibilité et le luxe de changer mon intérieur, car j’en suis pleinement propriétaire. C’est une chose que j’ai appris à garder à l’esprit, pour ne pas me laisser submerger. Ainsi, je reste toujours maître de moi-même.
  • Lorsque ça ne va pas, il est indispensable de ralentir et de prendre votre temps pour ne pas surenchérir ce qui ne va déjà pas.
  • Retrouvez pied, retrouvez des repères. Les meilleurs sont souvent déjà là, en vous.
  • Raccrochez-vous à ce qui vous anime, ce qu’on appelle son POURQUOI.
  • Souvenez-vous même que vous pouvez sûrement le faire, parce que vous l’avez déjà fait et même sûrement déjà fait des choses plus complexes dans votre vie.
  • Enfin, mettez-vous face à votre problème. Pour faire cela, prendre le temps et du recul sont un minimum. En ne restant que dans l’action, je ne me permets pas de voir et de ressentir tout cela, puisque je suis dans un critère d’urgence et donc de “vite, vite !”

Ce qui est fortement à éviter :

  • Vous déresponsabiliser et vous victimiser, car si c’est le cas, votre pouvoir de changement et ainsi d’inversion de la situation inconfortable seront fortement compromis.

Par ailleurs, et cela peut paraître paradoxal, mais le fait d’entamer un nouveau projet vous donne et vous demande par la même occasion une nouvelle énergie qui peut-être jouissive au début. Par contre, cette énergie nouvelle ne vous aidera pas à la résolution de la situation délicate initiale.

Elle se présentera ici plutôt comme un échappatoire, une fuite. Elle ne durera qu’un temps, puisqu’à un moment ou un autre, vous vous retrouverez confronté(e) à nouveau à cette situation redoutée, sous le même aspect ou sous un aspect empiré.

A ce moment là, il n’y aura donc plus une, mais bien deux situations à gérer.

Que se passerait-il aussi le jour où vous connaîtrez un moment d’urgence à gérer dans la situation n°2, quand vous vous déciderez à créer ou entamer un nouveau projet pour regagner en énergie, tout en fuyant les deux énergies passées ?

Bien que ce soit tentant, ce regain d’énergie reste temporaire, car tôt où tard vous devrez bien vous occuper du problème en question.

Il est préférable de gérer élément par élément, plutôt que de tout affronter en même temps.

Autrement, c’est un peu tout qui nous tombe dessus, un tsunami que nous ne pouvons arrêter ni détourner, et les dégâts seront considérables.

  • Vous agiter de partout : C’est une perte d’énergie considérable pour la résolution du challenge.
  • Vous réfugier dans le repli sur soi ou dans la nourriture.

Ici, je vous ai présenté les principales choses à faire et à ne pas faire en situations inconfortables d’urgence maîtrisée. Il y en a certainement d’autres et je vous invite d’ailleurs à les partager en commentaires. Dites-nous quelles sont vos alternatives, vos solutions, ce qui marche et ce qui ne marche pas pour vous ?

Inoubliable rencontre

Cet article est le second et la suite de celui intitulé : « Ludivine continue de nous partager son aventure au Québec.« 

Un bon souper d’échanges entre deux inconnues

La soirée ne faisait que commencer. Fernande et moi nous étions rencontrées à peine une heure avant. Parce que le camping n’était pas encore ouvert en ce tout début du mois de mai, elle m’avait invitée à passer la nuit dans sa cour avec mon VR (véhicule récréatif, ou camping-car comme nous disons en France.)

Fernande avait déjà soupé, c’est comme ça qu’on dit au Québec pour parler du diner. Le « diner » d’ailleurs, là-bas c’est le repas du midi. Notre petit déjeuner à nous est appelé « déjeuner », parce que c’est le moment où, pour reprendre l’explication d’un ami québécois, on « casse le jeun », celui qui est en cours depuis la veille au soir.

J’avais pourtant de quoi me faire à manger dans mon VR, le genre de trucs rapides à préparer quand je suis fatiguée, mais quand elle a vu mes pâtes au fromage lyophilisées, Fernande s’est chaleureusement proposée de me préparer un filet de poulet avec une bonne petite salade fraîchement composée.

Pendant ce temps où elle préparait mon repas, nous nous parlions étrangement comme si nous nous connaissions depuis longtemps, comme deux amies qui se retrouvaient après un long moment sans s’être vues. D’ailleurs le tutoiement s’était imposé direct ! Les discussions elles, bien que passant rapidement d’un sujet à l’autre, étaient profondes : sur le sens de la vie, des épreuves, …etc.

Une amie épatée.

Comme beaucoup d’autres personnes que j’avais déjà croisées, Fernande me paraissait elle aussi très étonnée par moi, mais aussi par ce que j’étais en train d’accomplir. Elle ne cachait pas être littéralement impressionnée par :

  • Le fait que je sois partie en voyage au Québec aussi longtemps (2 mois),
  • Que je sois partie seule
  • Aussi loin de chez moi (la France), et
  • « En plus en fauteuil roulant ! » s’était-elle exclamée !

Une amie qui m’aide à comprendre ce que je vis.

J’avais presque immédiatement évoqué à Fernande que j’étais très fatiguée et que je ne comprenais pas du tout pourquoi, dans la mesure où, depuis mon arrivée, j’avais pris tout le temps de repos lorsqu’il m’était nécessaire, et parce que je m’arrangeais également à manger le plus sainement possible entre deux poutines 🙂

La poutine est un plat typiquement québécois, fait de frites, de fromage qui fait « couic couic » sous la dent et de sauce marron dans laquelle vous ne savez pas ce qu’il y a dedans. Mais c’est bon et ça cale bien ! Dès mon arrivée à l’aéroport, mes deux amies Caroline et Elise étaient venues me chercher et nous étions allées en manger une, pour que je puisse y goûter d’emblée !

Face à mon interrogation et mon incompréhension quant à ma grande fatigue, Fernande avait pu m’éclairer. Elle m’avait dit : « Attends un peu, c’est normal que tu sois fatiguée ! Tu as vu tout ce que tu fais de nouveau depuis quelques jours ? Tu es en mode apprentissage ! Cela provoque forcément un niveau de stress supplémentaire que tu dois gérer. »

Allons bon !

Au cours de ce repas improvisé et au beau milieu de nos échanges, mon hôtesse quitta la table. Je la voyais s’affairer d’une pièce à l’autre, passant de la salle de bain à la chambre, revenant au salon… Soudainement, elle me dit : « Je vais débarrasser ma chambre et tu vas dormir dans mon lit ! »

Intérieurement, c’était comme si je n’y comprenais pas grand chose : elle m’avait initialement proposé de passer la nuit dans mon VR, j’en étais restée là. Et maintenant, voilà qu’elle était en train de me laisser son lit !?

Parce que d’ordinaire je suis plutôt de celle qui aime rester discrète, j’aurais sûrement répondu que : « Non, ce n’est pas la peine, ne te dérange pas, j’ai tout ce qu’il faut pour dormir et je dors très bien dans le lit confortable du VR, j’ai tout : même le chauffage, la douche, les toilettes, la télé (+ le lecteur DVD s’il vous plaît ! LOL), le micro-ondes…etc. » Mais là je « me suis laissée faire » et j’ai dit « ok » sans trop chercher à analyser ni comprendre ce qui m’arrivait. De toute façon, je crois que j’étais bien fatiguée avec toutes ces émotions. J’étais bien fatiguée, ça oui, mais pas suffisamment pour ne pas partager par textos avec mes proches (ma famille, mes kinés), l’expérience que j’étais en train de vivre et qui ne faisait que commencer…

Et les surprises continuèrent…

Au réveil le lendemain matin, la maison était calme, très calme. Il y avait un doux sole Quand je suis sortie de la chambre, j’ai vu que le déjeuner (soit le petit-déjeuner pour nous français) m’avait été préparé. J’avais un petit mot de Fernande, notifiant qu’elle serait de retour vers 13h et deux numéros de téléphone : son portable (ou cellulaire en québécois) et celui du lieu où elle se trouvait ce matin.

J’ai eu un méga bug ! Moi Ludivine, je suis arrivée hier soir et de manière tout à fait imprévue chez cette belle personne inconnue. D’ailleurs, malgré nos longs échanges de la veille, je considérais que j’étais encore pour elle une personne inconnue… Ce matin, me voilà SEULE dans sa maison ?! Elle m’a laissée SEULE dans sa maison ?! Elle est capable de laisser sa maison à une inconnue ?! Comment une telle confiance en l’autre, en l’étranger, était-elle encore possible de nos jours ? Est-ce que nous avions, nous français, encore cette confiance envers les inconnus ? Assurément, pour moi la réponse était non. Mais qu’est-ce qui faisait que nous l’avions perdue ?

Je pris donc le temps de savourer, à la douceur du soleil traversant les vitres en ce milieu de matinée, les toasts qu’elle avait pris soin de griller avant de partir. Le café lui, resté dans une thermos, était encore tout juste chaud et parfait à boire sans plus tarder.

Je devais continuer ma route pour me rendre à Ottawa, mais à l’évidence je ne voulais pas repartir sitôt la fin de mon déjeuner. Je choisis donc d’attendre le retour de Fernande, de prendre le temps de dîner ensemble avant de continuer mon périple.

(Affaire à suivre…)

Ludivine continue de nous partager son aventure au Québec.


Suite à la parution de mon premier article intitulé : « Plus qu’un voyage à l’étranger » sur son blog, Le Code de La Vie.com, Jérôme m’avait demandé si j’avais vécu un événement qui m’avait particulièrement marquée lors de ce long voyage de deux mois au Québec.

En fait il y en a eu beaucoup plus d’un !!! Mais le premier qui m’est revenu à l’esprit est ma rencontre avec Fernande.

Des débuts pas faciles…

Cela faisait à peine une semaine que j’étais arrivée au Québec, et trois jours que j’étais seule dans l’aventure à rouler dans mon VR (Véhicule Récréatif, que nous appelons nous, en France, « camping-car »).

J’avais déjà découvert un « truc » que je n’avais vraiment pas anticipé : J’avais loué ce VR, en me disant que je pourrais ainsi dormir où je voudrais et quand je voudrais ou quand j’en aurais besoin. Malgré cette location qui m’avait déjà « coûté un bras » (expression française, qui veut dire que ça m’avait coûté beaucoup de mes économies), je prenais conscience qu’il fallait en plus, pour passer la nuit, stationner mon VR dans des endroits adéquats mais surtout, payants ! Comme dans un camping par exemple.

Bref, je m’apercevais que le stationnement ne pouvait pas être gratuit, même sur un « simple » parking (sauf exception : sur ceux des supermarchés WallMart, mais ça je l’apprendrais plus tard.)

A la recherche de la solution la plus économique

Alors au soir de ce troisième jour d’aventure toute seule en VR, j’avais consulté le guide des campings que m’avait donné la gentille dame du bureau touristique de Montebello, la ville dont j’escomptais visiter le « château » le lendemain. Je voulais trouver celui qui était au meilleur tarif afin d’aller y passer la nuit.

J’avais juste 30 km à faire pour arriver au camping le moins cher du coin, à St André Aville. Je repars donc sur la route, j’arrive devant le camping et là… Je me demande comment rentrer.

Il y avait une barrière, il fallait peut-être un badge pour l’ouvrir ? Et l’accueil, était-ce bien ce bâtiment que j’avais du mal à distinguer un peu plus loin ?

Car même avec ma lentille correctrice, je ne vois qu’à 6 ou 7 dixièmes, en fonction du moment de la journée et de la fatigue.

En plus, sur la route défoncée qui y menait, il y avait plein de trous, tous remplis d’eau. Le ciel était gris et encore menaçant, on aurait dit qu’il avait plu quelques minutes avant.

Je me voyais difficilement sortir en fauteuil par ce temps, me rendre jusque là-bas et trouver quelqu’un pour me renseigner. De toute façon, il n’y avait eu aucune trace de vie depuis cinq minutes au moins que j’étais arrivée devant la barrière : Cela avait fini par me décourager de me rendre à l’accueil supposé de ce camping.

J’étais très très fatiguée, sûrement à cause du décalage horaire, et je commençais déjà à penser que mon aventure était en train de tourner au cauchemar.

Vous avez un problème : Allez au supermarché !

Le supermarché ! Oui, j’ai vu un supermarché pas trop loin en venant, je vais y retourner ! Là-bas, il y aura sûrement quelqu’un pour me renseigner et me dire où dormir ce soir !

J’arrive, je me gare, j’ouvre la porte coulissante arrière du véhicule pour y descendre mon fauteuil roulant. Une dame boitant me propose alors son aide. Comme j’avais trouvé un moyen de le descendre facilement moi-même, je lui avais répondu : « Merci mais pour le fauteuil, ça va aller ! Par contre, vous pourriez sûrement m’aider à trouver le renseignement que je cherche ? »

Je lui explique, pleine d’émotions et mes larmes qui montent petit à petit, que je suis venue là au Québec seule à l’aventure, pour deux mois. Que j’ai loué ce véhicule récréatif pour pouvoir être autonome dans mes déplacements et surtout pouvoir me reposer quand j’en ai besoin. Que la location m’avait déjà coûté 10 500 $ CAD. Qu’en plus, mon fauteuil électrique m’avait lâchée la veille du décollage en France et que j’allais devoir en racheter un à mon retour (Et que ça valait « juste » entre 3500 et 5000€ !) Que j’ai refait 30 kilomètres pour venir à ce camping-là qui était le moins cher et que je viens de me casser le nez. Que je ne sais pas où dormir « légalement » ce soir, pour ne pas voir le lendemain matin un garde national frapper au carreau, pour me demander de payer mon stationnement pour la nuit que je venais de passer près des poubelles sur un simple parking !

Elle m’a écoutée tout du long avec un air de réelle compassion, puis elle me dit : « Ben viens-donc dans ma cour !!! » Moi, à ce moment-là j’arrive de suite à me détendre et je retrouve mon sourire. Je la remercie grandement : « Ah oui ? C’est gentil ! », lui dis-je en y revenant pas. Et je ne suis pas encore au bout de mes surprises…

Fernande s’était foulé la cheville et boitait un peu. Elle était donc justement venue au supermarché acheter du chou (celui avec les grandes feuilles vertes) pour les appliquer sur la zone douloureuse. Remède de grand-mère que je vous retransmets ici. Je n’ai pas eu l’occasion d’essayer, par contre je peux vous dire que Fernande remarchait sans difficulté le lendemain.

En route vers (et chez) l’inconnue

Après le supermarché, Fernande m’a d’abord emmenée sur le parking d’une maison de retraite, là où elle savait que je pourrais capter le WIFI pour consulter ma messagerie.

Il y avait une étendue d’eau à côté et elle me demanda si j’entendais les grenouilles ? Je tendis l’oreille mais je n’entendais rien de semblable. J’écoutais alors avec plus d’attention…

« Non, je n’entends que des oiseaux, lui dis-je.

– Ah oui ? Et bien pourtant, c’est ça les grenouilles ! » Ce soir-là, j’ai appris ainsi que Fernande, que les grenouilles québécoises ne coassaient pas comme les nôtres !

En arrivant dans la cour chez Fernande, celle-ci me dit qu’elle avait déjà mangé, ou soupé comme ils disent au Québec pour le dîner. Ce n’était pas mon cas mais j’avais tout ce qu’il fallait. Elle me proposa alors d’apporter ma nourriture pour manger mon repas en sa présence, à l’intérieur de la maison. Quand elle m’a vu sortir mon sachet de pâtes lyophilisées, elle me dit : « Pose ça, je vais te faire un filet de poulet avec une salade ! »

C’était bizarre, car avec Fernande je n’avais pas cette sensation habituelle d’avoir peur de déranger. J’ai accepté sa proposition très naturellement.

Quand je suis rentrée chez elle, dans son salon plein d’affaires de sa maman dont elle venait de vider l’appartement, je me suis sentie comme si j’arrivais chez une amie de longue date. Aucune gêne. Une grande confiance.

D’ailleurs c’est ce qu’on s’est dit d’emblée : on avait l’impression de se connaître depuis longtemps, on sentait chacune pouvoir se faire mutuellement confiance. Je lui ai fait part que, dans ma philosophie de vie, je pensais que cette impression de se connaître déjà venait certainement du fait que nous nous étions déjà rencontrées dans une de nos vies précédentes. Elle a acquiescé…