S’autoriser

Je n’arrive pas encore à m’autoriser…

D’abord, je n’arrive pas encore à m’autoriser de ne pas réussir. C’est difficile de me dire que l’échec est possible et qu’il est tout à fait normal. C’est difficile de considérer un échec plutôt comme un apprentissage. Et pourtant je sais qu’il en est un. Je sais qu’il est normal d’échouer avant de réussir. Je sais qu’on ne peut pas arriver à atteindre un grand objectif comme ça, d’un seul coup, au bout d’une seule tentative. Je sais qu’il faut plusieurs essai, et de la persévérance. Je le sais. Mentalement.

Ensuite, il est aussi vrai que je n’arrive pas encore non plus à m’autoriser de réussir. Je doute encore trop de pouvoir être à la hauteur, par rapport à ma maladie notamment. J’ai peur qu’elle ne me permette pas de gérer les choses. En fait, le plus frustrant, c’est que je me sens encore parfois comme quelqu’un qui a des capacités moindres par rapport à quelqu’un qui n’est pas malade. Et je ressens cela, même si j’ai conscience que, sur certains points, j’ai déjà réalisé beaucoup plus de choses qu’un valide !

Qui a anticipé l’éventualité de devenir aveugle, en allant apprendre le braille ?

Qui, pendant cette année d’apprentissage du braille, a monopolisé tous ses neurones pour apprendre également une sorte de sténo, en vue de reprendre ses études l’an d’après ?

Qui, au bout de seulement quelques mois, a été élue déléguée du personnel parce qu’elle a été la seule à avoir eu le courage de se présenter, dans le seul but d’apprendre, de mieux connaître l’environnement de l’entreprise dans laquelle elle était ?

Qui, après la fermeture de sa boîte pour raisons économiques, s’est lancé dans la création d’une activité entrepreneuriale pour continuer à travailler malgré, en plus, l’évolution de sa maladie ?

Qui a osé mettre fin à une relation sentimentale de presque 10 ans, au moment où s’offrait enfin la possibilité de fonder une famille ?

Qui est parti(e) seul(e) pendant deux mois, en camping-car, à l’autre bout du monde et de chez lui ?

J’en ai fait des choses !!! Et ce n’est pas fini, car je compte relever le plus de défis possible !

Pourtant, je me mets encore cette pression à la noix, sur le fait de ne pas être à la hauteur.

Punaise Ludivine, qu’est-ce qu’il te faut là ?! Et bien… Avoir fait cet effort de m’en rappeler justement ! Faire cette liste a rempli mon réservoir d’un peu plus de confiance et d’estime. Ça replace les choses où elles doivent être, non plus là où je voudrais qu’elles soient.

Comment s’autoriser, comment m’autoriser à réussir ? C’est une grande question sur laquelle je travaille en ce moment. Même en imagination, je n’arrive pas encore à rêver, à me projeter dans mon idéal de vie. Que ce soit dans ma vie personnelle ou professionnelle.

Une des psychologues qui m’a accompagnée durant toutes ces années d’attentes (15 ans) de mes résultats génétiques, m’avait parlé de la difficulté qu’avaient les personnes atteintes de maladies rares et dégénératives à se projeter. Nous devons nous adapter au jour le jour, et donc vivre au présent. Vivre au présent, c’est un bon exercice aussi ! Cela revient à la mode ces derniers temps, n’est-ce pas ? 🙂

 J’écrivais donc à l’instant, que j’avais effectivement du mal à rêver, à me projeter dans mon idéal de vie. Un idéal où j’aurais accès à tout en abondance. Pourtant, le rêve, c’est gratuit non ? Qu’est-ce qui m’empêche de le faire ? Pourquoi je n’arrive pas encore à m’autoriser même à rêver ? Je veux aller au-delà du constat général de ma psychologue et traiter mon « incapacité à rêver » de la façon dont j’aime habituellement traiter mes problèmes : faire des recherches, tester des techniques que je n’ai jamais faites, voir si elles marchent sur moi, si elles me correspondent à 100%, et décider au besoin de me faire aider par quelqu’un.

Me projeter dans mon futur idéal, c’est aussi quelque chose qu’il m’est difficile de faire seule pour l’instant. J’arrive un peu mieux à me projeter quand j’ai la présence, l’aide et le soutien de quelqu’un. J’arrive plus à partager mes envies. D’ailleurs, plutôt que le mot « rêve », c’est plutôt « mes envies » que je les appellerais.

Quand une personne partage seule avec moi la conversation, et qu’elle est là, vraiment présente, pour m’écouter, j’arrive à exprimer ce que j’aimerais vivre. J’ai écrit « ce que j’aimerais », je n’ai pas utilisé « ce que je veux », pourtant je le devrais ! Ce sont ces petits mots qui font la différence.

Hier, on m’a parlé d’un bon exercice pour apprendre à s’autoriser. S’autoriser, d’après ce que j’en ai donc compris, c’est cette capacité à se sentir vivant. Et qu’est-ce qu’on peut déjà tous faire facilement pour ressentir cette capacité qu’on est vivant ? Qu’est-ce qu’on peut faire facilement ET gratuitement (en prime !) pour se sentir vivant ? Un truc tout simple, ne réfléchissez pas longtemps. 🙂 Il s’agit tout simplement de la respiration.

Pour le moment, on peut encore respirer notre air en abondance ! On n’est absolument pas limité dans la quantité d’air à utiliser quotidiennement ! On peut prendre tout ce qu’on veut ! Alors le fait de prendre le temps de respirer à fond, de sentir que cet air qui rentre en nous est disponible en abondance, est un premier pas qui permet déjà d’autoriser cette abondance à rentrer dans notre vie.

J’ai aussi appris hier que, par le fait de se projeter, grâce à notre imagination ou par notre capacité à partir à rêver, on se permet de pouvoir ressentir la situation. Celle qu’on aimerait vivre, ou celle qui nous arrive et à laquelle il nous faut faire face.

Ce fait de ressentir, c’est à dire de prendre conscience de ce qu’on voit, de ce qu’on sent, de ce qu’on touche, de comment on se sent (à l’aise ou pas, heureux ou pas…etc), permet d’apprivoiser petit à petit la situation.

Je peux même extrapoler cet exercice si je suis confrontée à une nouvelle situation dans ma vie et qui occasionne des questions comme : « Vais-je être capable de… ? » Je me projette mentalement, j’imagine que je suis déjà dans la situation. J’imagine que j’ai déjà réussi. Je vois les choses avec un esprit positif, avec un sentiment d’accomplissement, de réussite.

Je m’en imprègne. Je me sens mieux. J’anticipe les actions éventuelles à mener pour dépasser les difficultés.

C’est si simple, non ? Mais qu’est-ce qu’on attend pour essayer alors ?

3 réponses sur “S’autoriser”

  1. Coucou Ludivine la philosophe.
    Cette liste est exhaustive car tu as fait encore bien d autres choses Ludivine que des personnes lambdas n ont pas faites. Ne rien risquer est confortable.!!!! Et ce que tu realises demande 2 fois plus d energie que quiconque. Alors chapeau bas!
    Desolee de n avoir pas donne de mes nouvelles plus tot. J ai subi une intervention chirurgicale mais on se voit bientot… bizhhhh

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