Premier bilan de cette série d’articles

J’avais l’envie de faire un premier bilan aujourd’hui, dans cet article. Un premier bilan sur ces quelques semaines d’écriture sur le blog du Code de la vie.

Pour me remémorer tout ce dont j’avais déjà parlé, j’ai donc relu l’ensemble de mes articles. Cela m’a permis de me sentir fière ! J’ai (re)pris conscience de tout le contenu (les thèmes) que j’avais déjà partagé, et de tout ce que j’avais déjà raconté concernant mon histoire, mes défis perso et professionnels, ainsi que sur certaines des solutions que je mets en place (avec plus ou moins de difficultés, on va y revenir) au quotidien pour faire en sorte que mes journées soient les plus significatives possibles…

Faire ce premier bilan, c’est me donner l’occasion de faire le point sur ce qui va et ce qui ne va pas, pour voir ce qui peut être amélioré et comment.

En me relisant, j’ai vu que j’avais déjà abordé pas mal de thèmes : 

J’ai présenté mon histoire singulière, mon quotidien de personne en situation de handicap et en quête d’une plus grande réalisation personnelle et professionnelle

J’ai raconté ma maladie, de ses débuts aux enjeux de maintenant.

J’ai raconté certaines de mes difficultés, notamment celle d’être capable d’exprimer mes émotions, de me dévoiler sans crainte. Ou encore celle de travailler à un quotidien qui soit des plus constructif/significatif, en attendant que ma société prenne son envol.

J’ai parlé tout aussi bien de mon côté aventurière (mon voyage de deux mois, seule, au Québec, en camping-car) que de la prise de conscience de mon langage intérieur négatif et de comment faire en sorte qu’il change.

J’ai évoqué également l’importance du passage à l’action ou celle de trouver et d’accepter notre super pouvoir et d’apprendre à l’exploiter.

Bref, vous pouvez retrouver tous les détails de ces thèmes dans mes huit premiers articles déjà publiés depuis novembre 2018 sur le blog du Code de la Vie. Cela fait donc à peu près quatre mois que Jérôme m’a offert cette opportunité de commencer à écrire sur moi, pour moi et pour les autres.

Dans les lignes suivantes, comme je l’écrivais plus haut, je vais donc faire le point sur les apports de cette mise en route…

Ce que je peux en dire d’emblée, c’est que je réfléchis de plus en plus à mettre en place mon propre blog. Jérôme me dirait : « Ah oui, pour quand alors ? » Car ce qu’on ne planifie pas n’advient jamais… Quand ? Ah zut : il me faut répondre à la question… Euh ??? La réponse me vient en même temps que j’écris… Alors… Là, comme ça, je vous dirais (vous êtes mes témoins !) : pour mon anniversaire ! (Celui de cette année, au mois de juin, le 16 pour les curieux ou ceux qui souhaiteraient me faire un cadeau ! LOL)

C’est aussi le jour de mon anniversaire il y a 3 ans, que j’ai décidé du nom de mon activité en ligne : Le français utile. Utile, parce que c’est vraiment ça que je veux : aider, être utile, me sentir utile.

D’ici juin, il va donc falloir que je trouve le nom, le concept du blog, que je le mette en place…etc. J’ai du pain sur la planche comme on dit. Mais revenons à ce premier bilan.

Je vais donc évoquer ce que j’ai aimé et appris Je vais aussi relater ce qui a bien été et ce qui m’est encore difficile. Mais encore, je verrai quelles sont les possibilités que j’ai pour m’améliorer encore, pour progresser davantage.

Ce que j’ai aimé faire / appris à faire

La première chose qui me vient à l’esprit, c’est cette joie que j’ai ressentie en écrivant sur ce qu’avait provoqué en moi l’écoute d’une chanson. Ecrire dans cet instant d’inspiration m’avait grisée. Le contenu avait particulièrement résonné en moi, et j’avais ainsi pu retransmettre mon ressenti, mes impressions.

Mais pas seulement ! Dans l’écho que cela avait eu en moi, il y avait aussi un message positif, constructif, comme une sorte d’enseignement. J’avais aimé vous l’expliquer, vous le retransmettre, avec mes mots, des exemples tirés de ma propre réalité pour vous aider à trouver les vôtres.

C’est cet article que j’ai écrit à propos de cette chanson de La Reine des Neiges : « Je voudrais un bonhomme de neige ». On y retrouve le concept fondamental de la persévérance.

Je ne sais plus pourquoi, mais c’est Jérôme qui avait dû publier mon article pour moi. Il l’avait intitulé : « La recette pour changer ses habitudes.« 

C’est l’article que j’ai le plus aimé écrire, car je l’ai écrit vraiment très facilement. Plus que tous les autres, c’était fluide, ça venait tout seul. C’est aussi la première fois que je faisais un plan à l’écrit pour structurer ma pensée (et donc mon écrit !)

C’est ce qui m’a permis de me rendre compte que j’aimais plus l’écriture inspirée, spontanée, plutôt que celle qui consiste à simplement raconter.

Par l’écriture récurrente de ces articles, j’ai aussi mis en action mon côté « curieux », « touche à tout », celui qui aime découvrir et tester de nouvelles choses.

Ecrire était pourtant une envie que je nourrissais depuis mon retour du Québec, à la fin du mois de juin 2018. Mais je ne savais pas comment m’y prendre, et surtout par où commencer. En plus, chaque fois que je me mettais à écrire, je devais faire face à mon imposteur… En fait, j’avais peur de me lancer, de me dévoiler, d’être jugée.

Jérôme, en m’invitant à écrire sur son blog, m’a permis de relever un défi.

En fait, je crois que je suis une femme de défis ! J’aime les relever quand on me les propose, surtout si je les trouve difficiles mais surmontables. Puis une fois que je me suis un peu exercée, j’arrive à me challenger moi-même. Par exemple, quand j’ai dit à Jérôme, lors de notre dernier coaching : « Ecrire tous les quinze jours, ce n’est fondamentalement pas très compliqué à organiser. Ce qui le serait un peu plus par contre, serait de le faire chaque semaine… » C’est là qu’il m’a proposé d’assurer la publication de son article hebdo du jeudi soir, pour tout le mois de février ! « On fait un essai » a-t-il dit ! Et quel essai ! Puisque pour le premier article du mois, mon chéri a eu un très grave accident de voiture et, bien qu’il s’en soit miraculeusement sorti indemne, il m’avait fallu veiller sur lui les deux / trois premiers jours, et m’assurer que son état ne se dégrade pas soudainement. La parution aurait pu être compromise, j’en avais d’ailleurs informé Jérôme dès le mardi soir, jour de l’accident. Je voulais faire de mon mieux. Le mercredi, après une bonne douche, le plan de l’article s’est révélé. Le lendemain jeudi, un appel de Jérôme m’a permis de me remettre cet objectif en tête : « Je trouverai aujourd’hui le temps dont j’ai besoin pour écrire (le terminer) et publier cet article ! » (J’ai donc réussi)

Ce défi qui consiste à écrire chaque semaine, m’aide également en ce sens qu’il m’oblige à m’en tenir aux créneaux d’écriture que j’ai déterminés dans mon planning hebdomadaire. Ce même planning que j’ai remis en place pour réorganiser mes journées, les structurer davantage. Mais aussi et surtout pour passer de la simple envie d’écrire à sa concrétisation …

C’est une bonne transition vers la partie suivante.

Ce qui m’est encore difficile

La première chose, c’est la régularité, le fait de m’y mettre tous les jours de la semaine (sauf le week-end). La régularité n’est pas toujours possible, pour x raisons. Par contre, si je ne peux m’y mettre le matin, je rattrape mon « retard » l’après-midi. Et si ce n’est pas possible, j’évite de trop me martyriser ou de culpabiliser.

Comme je l’ai déjà dit, une journée significative pour moi, reste une journée où j’ai l’impression d’avoir avancé malgré tout sur quelque chose d’important. Si ce n’est pas possible sur l’écriture, ça peut l’être sur autre chose, comme sur la gestion du quotidien de ma nouvelle vie de couple : les comptes, la gestion du budget, la préparation de repas sains et équilibrés, la vaisselle et le ménage à faire (avant j’avais un lave-vaisselle et une aide-ménagère, hi hi !), les courses,…etc.

Avec mon handicap, mes raideurs musculaires, la fatigabilité qui y est associée, toutes ces tâches prennent plus de temps que pour un valide. A ces tâches quotidiennes indispensables s’ajoute le temps que je consacre toujours (et j’y tiens !!!) à marcher dehors en déambulateur… D’ailleurs à ce propos, je n’utilise plus le fauteuil du tout au quotidien : je marche en m’appuyant un peu sur les murs ou les meubles. Dans l’idéal, je devrais aussi prendre le temps d’étirer mes muscles régulièrement, cela reste encore compliqué, et pourtant je l’ai « planifié »…

La seconde chose qui m’est encore difficile, c’est d’avoir un état d’esprit positif sur le sens et le but de tout ce que je fais. Vous savez, ce fameux langage intérieur négatif que j’évoquais dans mon dernier article ?

Va vraiment falloir que j’identifie plus sérieusement mes pensées et mon discours négatif, pour les tourner à l’inverse, en des phrases positives. Oui, parce que je mérite le meilleur. Vous aussi d’ailleurs.

Mais c’est à moi de travailler à mon meilleur. De le créer d’abord en pensées. Parce que je sais que c’est ce qui permet de se matérialiser concrètement dans ma vie de tous les jours.

Alors, Ta dam ! Je décide de prendre ce temps pour moi, pour poser par écrit toutes les pensées négatives qui me traversent. Pour comprendre d’où elles me viennent et qu’elles sont les limites que je me mets encore mentalement et qui entretiennent ces pensées négatives. Je vais prendre le temps de les tourner en POSITIF. De noter ces phrases positives sur ce que je veux être, réaliser, accomplir, avoir. « Et quand ? » me dirait Jérôme … Dès demain !

Allez, sur ce bonne soirée/journée. Au plaisir de vous lire en commentaires ou en privé.

Ludivine.

Changer son langage intérieur

Depuis quelques temps, je m’aperçois de plus en plus de ce langage intérieur négatif que j’entretiens… Un langage intérieur qui ne croit pas en moi, mais surtout qui ne croit plus trop en mes capacités professionnelles et en la possibilité de vivre de l’activité de formation en ligne que j’ai créée il y a déjà deux ans.

J’ai lu pas mal de choses à ce sujet du langage intérieur, notamment qu’il est ce qui va créer une très grosse partie de votre réalité. Et effectivement, ma réalité professionnelle lui ressemble bien.

Je me répète souvent : « ça ne décolle pas ! », et effectivement : ça ne décolle pas. Je vous dirai plus bas comment je fais de plus en plus en sorte, maintenant que j’en ai conscience, de changer petit à petit mon langage intérieur. Et bien sûr, dans un futur article j’espère vous rapporter les résultats concrets de ce changement de façon de penser !

Si je fais comme une sorte d’état des lieux de mon vécu et de comment j’ai appris à appréhender la vie de façon générale, je constate que je n’ai pas vraiment appris à cultiver un langage positif envers moi-même, bien que naturellement je sois plutôt du genre optimiste, toujours à relativiser ce qui m’arrive, à prendre les choses avec un certain humour et recul. 

Je n’ai pas appris non plus à entretenir un langage intérieur qui me projette dans une vision positive de ma vie, dans une réalité qui deviendrait ce que je voudrais vraiment qu’elle soit. Ou alors, quand je l’ai fait, j’ai été vite déçue et j’ai vite « abandonné l’idée ». Sûrement un défaut de persévérance, comme celui que j’ai déjà évoqué dans cet article.

Mais rêver, je me disais que ce n’était pas pour moi. ça ne me semblait pas non plus être pour nous (ma famille) : on avait connu bien des galères, surtout au niveau de la maladie et du handicap.

J’avais donc plutôt appris à composer avec la réalité, à faire en fonction de ce qui était. A être aussi « terre à terre » comme on dit.

En grandissant et notamment « grâce à » l’apparition de la maladie, j’ai appris que je pouvais obtenir de la vie tout ce que je voulais, ou presque, du moment que ce n’était préjudiciable pour personne.

Ma rencontre avec le bouddhisme y a fortement contribué. (Merci ma tante !) J’ai alors appris à prendre la responsabilité de tout ce qui m’était arrivé jusqu’à présent. J’ai appris que j’avais « choisi » de vivre tout ça, parce que j’avais une mission bien à moi à accomplir. J’ai appris que ma vie pouvait elle aussi, malgré ma condition, aider et inspirer les autres. Il suffisait pour moi de trouver comment !

Comment aider ? Déjà en étant convaincue de pouvoir le faire. Et c’est là que revient la question du langage intérieur négatif. Car il est bien présent chez moi, sous la forme du doute notamment. Je vous invite à (re)lire mes précédents articles pour ne pas trop me répéter ici.

Comment je me convaincs de plus en plus de pouvoir aider ? D’abord en prenant conscience de mon langage intérieur, en écoutant ce que ma petite voix me dit. Puis en travaillant à changer ce langage intérieur !

Comment est-ce que j’arrive à changer petit à petit ce langage intérieur ? Parce que ce n’est pas magique, il faut un peu de temps pour changer ces vieilles habitudes, ces « bonnes » vieilles habitudes qui n’ont de « bonnes » que le nom !!!

Je prête donc plus souvent attention à tout ce que je me dis de négatif et de cassant. Puis j’exprime et en me répète une formule plus constructive, positive, voire son opposé.

Ex : « Je suis nulle » devient « j’apprends » ou « je fais de mon mieux. »

Ou alors, je reprends mon propos négatif et j’y apporte une nuance :

Ex : « Mon activité ne décolle pas » devient « Mon activité ne décolle pas, pour l’instant ! »

Je peux aussi consigner ces phrases négatives dans un cahier, où je note juste à côté leur version positive. Puis je les relis souvent. Pour m’en imprégner. Me mettre dans de bonnes vibrations. Me rappeler que je vis un processus, que le bon va m’arriver, quand cela sera le bon moment.

Voilà, c’est fini pour ce soir ! (Mon Valentin m’attend J )

Mais avant de vous laisser, je vous partage mon objectif qui est de continuer à travailler sur mon langage intérieur, à identifier les freins que je me mets encore (inconsciemment ou pas) et … à partager avec vous le changement que cela va créer dans ma vie.

 Belle soirée à tous les amoureux, et si vous n’avez encore personne à aimer, aimez-vous déjà vous-même. C’est l’essentiel !

En attendant le travail

Peut-on se sentir accompli(e) quand sa vie de tous les jours n’est pas encore ce qu’on voudrait qu’elle soit ?

Comment est-ce que j’arrive à gérer mon quotidien, pour que chaque jour ne soit pas qu’une simple journée qui passe, pour que chaque jour ait du sens ?

Comment trouver du sens à mes journées lorsque le travail n’est pas encore au rendez-vous ?

I. Me sentir accomplie, mais comment ? Le travail et moi.

Malgré la maladie, j’ai toujours voulu travailler. Travailler c’était donner un sens à ma vie, en étant utile aux autres. C’était aller au-delà de mon handicap, pour trouver ma place dans la société.

Quand en avril 2002, âgée d’à peine 21 ans, une neurologue m’a diagnostiqué les premiers signes cliniques et annoncé le nom de ma maladie (Strümpell-Lorrain), ce qui m’a le plus questionné à ce moment-là est : « Mais comment vais-je réussir à travailler ? »

Depuis toute petite,  je voulais devenir professeure des écoles. J’adorais les enfants mais je ne sais pourquoi, l’annonce de la maladie a démoli ce désir d’être prof… Je me disais : « Mais comment pourrais-je gérer des petits bouts dans une classe en étant en fauteuil roulant ? »

Ce deuil à faire me mettait dans une tristesse profonde. J’étais perdue, je ne savais plus où j’allais et ce que j’allais devenir, car je ne me voyais pas faire autre chose que prof à l’école maternelle (ou « au pire » en primaire.)

Je me souviens particulièrement d’un soir où, face à ma tristesse et mon désarroi, ma mère avait prononcé ces paroles cinglantes : « Ben, si tu te mets dans cet état-là, ça ne sert à rien qu’on te paye tes études. Tu n’as qu’à arrêter et tu feras bonniche ! » Je sais aujourd’hui qu’elle a fait ce qu’elle a pu, avec les ressources de mère qui étaient les siennes à l’époque. Avec une certaine maladresse, elle ne voulait que très certainement me faire « réagir », dans le sens de me faire comprendre que ma maladie n’était pas synonyme de « fin du monde », de prendre comme exemples mon père et mes tantes qui eux, avaient quand même pu travailler malgré la maladie génétique qui touchait notre famille.

Malgré les explications que je viens de donner, certains vont peut-être penser que ma mère était immonde de tenir de tels propos. Je l’ai bien évidemment aussi pensé ce jour-là ! Ce n’était pas vraiment les paroles réconfortantes que j’aurais eu besoin d’entendre de sa part. Je suis alors partie chez ma tante ce soir-là pour prendre du recul.

Très tôt dans la maladie, j’ai cumulé handicap moteur et visuel. Il m’a fallu venir apprendre le braille en Loire-Atlantique. C’était en 2004. Au cours de cet apprentissage, nous avions travaillé sur notre projet professionnel. C’est là que j’ai pensé à former les adultes, à défaut de me sentir capable de le faire maintenant auprès d’enfants.

J’ai appris le braille et l’informatique adapté au handicap visuel pendant dix mois, puis j’ai repris des études de psychologie pendant deux ans.

J’ai pu effectuer un stage à l’été 2007 où j’apprenais le français à différentes catégories de personnes, étrangères ou non. Cela a été une révélation !

Ensuite, je me suis formée au métier de formatrice professionnelle d’adultes (200862009) pour postuler à un poste au sein de l’association qui m’avait acceptée en stage. Après 4 ans de travail, mon entreprise a fermé. J’ai alors entrepris de créer mon activité en ligne qui me permettrait de continuer à aider les gens, tout en tenant compte de ma santé, de ma motricité et de ma fatigabilité qui avaient évolué…

Cette activité étant récente, je n’arrive pas encore à diffuser mes services de manière à en retirer des revenus décents. Le trait commun à tous les entrepreneurs, c’est de se faire connaître. Pour moi qui ai du mal à me déplacer, c’est plus compliqué.

Alors j’occupe mes journées de mon mieux. Mais elles ne sont pas toujours des plus significatives…

II. Quand est-ce qu’une journée n’est pas significative comme je voudrais ?

Une journée qui ne se passe pas comme je veux est une journée où j’ai l’impression de ne pas avoir avancé concrètement sur mes projets ou  mes « dossiers » importants et en cours : comme lorsque je dois remplir un dossier, faire mes comptes, rédiger un courrier administratif…etc. En général, ces « choses à faire » sont des choses à faire « pour moi ». Il m’est beaucoup plus simple de faire ces « trucs » pour les autres. 🙂

Concrètement, que se passe-t-il au cours de cette journée « pas comme je voudrais » ?

Cela peut être une journée où j’aurais eu tendance à repousser (procrastiner, dit-on…) ce que je sais avoir « de mieux à faire », au profit du ménage (et surtout des poussières ! (Grr !) ou d’une tâche de moindre importance. 

C’est une journée où je n’ai pas vraiment réussi à être disciplinée…  Où j’ai par exemple consulté mon téléphone alors qu’il était en mode silence, ceci pour me permettre LOGIQUEMENT,  de trouver la concentration. 

Je consulte alors mes mails et les réseaux sociaux à je ne sais combien de reprises.

Je joue bien trop souvent à ces petits jeux interactifs en équipe ou entre amis FB. Des petits jeux à base de lettres pour créer des mots et dont les parties ne durent que très peu de temps. « Une dernière, après j’arrête ! » « Mais oui, mon œil ! »

III. Qu’est-ce qu’une journée pleine de sens pour moi ?

Dans le désordre et dans l’ordre où les choses me viennent, je dirais qu’une journée pleine de sens serait une journée où j’ai accompli tout ce que j’avais prévu et planifié , et même plus ! (Le must !)

C’est une journée où j’aurais aussi pu aider quelqu’un avec mes compétences.

C’est une journée où j’aurais eu le temps de prendre soin de moi ET des autres. Pas juste de moi ou juste des autres, non ! Les deux en même temps, et j’ai même envie de dire « de moi d’abord. » Si je ne m’occupe pas de moi, qui le fera ? Car je suis théoriquement celle qui me connaît le mieux.

Et si je ne m’occupe pas de moi en premier, comment puis-je m’occuper sainement des autres, tout en gardant mon énergie ?

IV. Trouver du sens à mes journées lorsque le travail n’est pas : Ce que je fais déjà et ce que j’aimerais aussi réussir à faire pour être comblée par ma journée.

Une journée-type du must-de l’idéal-dans mon rêve le plus fou serait une journée où :

  • Je prends soin de moi : Je médite un peu le matin pour lâcher prise sur ce qui ne va pas ou n’est pas encore là. Pour focaliser sur du positif. Pour exprimer ma gratitude d’avoir ce que j’ai et d’être qui je suis. Pour demander à l’Univers, la Vie (appelez cela comme vous voulez) que cette journée soit significative. Je me concentre sur ma respiration pour faire redescendre la pression si besoin.
  • Je passe à l’action : je réalise au cours de cette journée toutes les tâches nécessaires à ma progression, celles qui me font avancer.
  • Avant celles-là, je peux aussi me mettre en action, en marchant un peu ou avec un peu de ménage. Mais je fais attention, car comme je l’écrivais plus haut, il peut y avoir un peu de fuite/procrastination dans le ménage. Je dois aussi m’occuper de faire des exercices d’étirements pour mes jambes.
  • Je prépare des repas sains et qui me font plaisir à manger, pour moi et mon doux foyer.
  • J’accorde du temps et de l’écoute à chaque personne/animal de la maison.
  • Je fais une bonne sieste de 20 min l’après-midi.
  • Je lis des choses qui font du bien.
  • J’écris pour inspirer.
  • Je regarde au moins un épisode de Game of Thrones. (Merci à celui qui m’a fait découvrir cette série addictive…)
  • Je consulte mes mails seulement une fois dans la journée.
  • Je m’arrête de jouer à mes p’tits jeux sur téléphone quand je sens que je suis fatiguée.

Et vous, que faites-vous pour que vos journées vous paraissent [plus] significatives ? Quelles sont les petites manies dont vous aimeriez pouvoir vous passer ? Et s’il y en avait, comment avez-vous réussi à les dépasser ?

Planifier ses envies

Chers lecteurs et chères lectrices passionnés par mes aventures (hi hi hi !),

Respecter son ressenti et laisser libre cours à ses envies.

La narration de ma rencontre avec Fernande reprendra un peu plus tard, car même si j’ai vécu des moments mémorables avec elle, il m’est difficile de m’y replonger actuellement. Non pas que cela soit dur. C’est seulement parce que je n’ai pas l’envie d’une simple narration des événements. Quand j’écris, j’ai avant tout besoin que les choses soient naturelles, qu’elles viennent/sortent d’elles-mêmes. J’aime écrire pour inspirer, pas seulement pour raconter.

Aujourd’hui, j’avais donc plutôt l’inspiration de laisser libre cours à l’écriture. Ecriture intuitive, je crois que c’est comme ça que ça s’appelle. Alors allons-y ! Je vais écrire ce qui me vient. Je reviendrai certainement dessus, mais ce ne sera que pour améliorer la qualité et la fluidité de votre lecture et de sa compréhension.

Retour sur le contexte de cette fin d’année 2018

Après une fin d’année 2018 forte en belles émotions, ce que je raconterai vraisemblablement lorsque j’aurai pris un peu plus de recul sur elles et leur sens profond, je suis maintenant arrivée dans une phase de (re)construction. Non pas que j’ai été détruite, non. C’est seulement parce que je me suis sentie un peu perdue sur mon chemin de vie. Je ne savais plus trop où j’allais, ce que je voulais pour moi, pour mon entreprise sur le web. Je n’arrivais pas à désirer autre chose que de profiter de la belle énergie du moment présent et de l’amour que je venais de retrouver…

Jérôme et son coaching sont arrivés peu avant ce moment-là et m’ont permis de commencer à m’y retrouver. A ME retrouver : dans ce que je suis (défauts, qualités), ce que je veux …etc.

Grâce à ça, j’ai commencé à (re)construire mon quotidien. (Re)construire, dans le sens de « rétablir les fondations », pour que ce quotidien soit constructif et plein de sens, malgré ma situation.

Quelle situation ? En voici quelques détails.

« Mais quelle est donc la situation dont tu fais référence Ludivine !? » vous demandez-vous.
Alors, si vous ne me connaissez pas encore… Comment c’est possible ça ? On est en 2019 quand même ! (*), vous allez connaître l’essentiel grâce aux quelques lignes suivantes :

J’aime parfois, mais toujours gentiment et à dose homéopathique, « me la péter »(*) comme on dit !
Mais en fait, j’ai surtout beaucoup d’humour et d’auto-dérision ! Je suis très humble et plutôt discrète en groupe ou en société. J’arrive à me lâcher seulement quand je suis en confiance.

Je suis un p’tit bout de femme de bientôt 38 ans, en situation de handicap lié à une maladie génétique invalidante.

En raison de ma santé et de ma fatigabilité particulière, je ne travaille plus depuis quelques années, mais avant, j’étais formatrice pour adultes et j’aidais les personnes à réacquérir les compétences dont elles manquaient : en français, en maths, en bureautique, en informatique, en biologie, en physique/chimie …etc.

Depuis 2017 et dans l’esprit de pouvoir continuer à travailler malgré la maladie, à me sentir utile à la société en quelque sorte, je développe mon activité en ligne pour continuer d’aider les personnes autour du français :

  • Celles qui ont besoin d’être relues et corrigées (les auteurs, ou ceux qui ont des sites web),
  • Celles qui veulent progresser en français. Pour elles, j’ai conçu une formation en ligne ultra géniale qui vous redit seulement l’essentiel à savoir (sans tout ce jargon scolaire inutile) pour vous débrouiller à l’écrit et vous réconcilier avec le français.

Malgré tout ce que j’ai mis en place jusqu’à présent (la technique et tout et tout), je n’arrive pas encore à atteindre ma cible et à en retirer des revenus réguliers.

Ecrire

C’est pour cela que, depuis le coaching avec Jérôme, je réapprends à optimiser ce temps que j’ai en mettant en place des créneaux d’écriture.

Cette envie d’écrire, je l’ai vue ré-émerger il y a quelques mois. Une envie d’écrire pour inspirer. Parce que je vois bien que lorsque j’ouvre la bouche pour parler de moi, vos yeux et vos oreilles sont tout grands ouverts…

J’ai surtout pris conscience de ma capacité à inspirer depuis mon voyage au Québec.

En effet, j’y suis partie deux mois l’an passé (mai et juin 2018) après ma séparation sentimentale. Je suis partie toute seule avec mon fauteuil roulant manuel, mon fauteuil électrique m’ayant lâchée la veille du décollage ! Shit !

Pour respecter mes besoins de repos au quotidien, j’avais pioché dans mes économies pour louer un camping-car tout du long de mon voyage. Ceci afin certes, de faire le tour du pays, mais aussi pour aller rencontrer « pour de vrai », les amis virtuels que je connaissais sur Facebook.

Une folle envie, mais des difficultés pour y arriver.

A mon retour, je vous le disais, j’avais l’envie d’écrire sur ce voyage, mais je ne savais pas comment faire, et j’étais aussi et surtout envahie par un sentiment d’imposture, je me sentais illégitime. Je ne vais pas en parler plus longuement ici parce que j’ai déjà évoqué cet aspect dans mon premier article.

Par contre, aujourd’hui et parce que c’est l’inspiration du moment qui me vient (Je rappelle que je suis en mode « écriture intuitive pour inspirer. »), je vais évoquer avec vous ce que je suis en train de remettre en place pour m’aider à écrire et (re)construire mon quotidien. Pour que cette tâche d’écrire, passe de la simple envie à la concrétisation.

Mon secret pour écrire + 1 cadeau

Pour que cela devienne concret, j’ai tout simplement remis en place un système que j’utilisais pourtant déjà, avant de partir en voyage : un simple emploi du temps, tout aussi simple que celui des cours que j’avais au collège ou au lycée.

Mon côté généreux vient là de s’exprimer spontanément en moi, et j’ai l’envie de vous faire un p’tit cadeau ! J Vous allez pouvoir télécharger mon modèle de planning ici gratuitement, au format Excel (modifiable) ou PDF (directement imprimable et établi pour le mois.)

Vous pourrez ainsi vous essayer à l’utiliser, pour vous l’approprier ou bien vous rendre compte le cas échéant, que ce n’est pas un fonctionnement qui vous convient.

Je l’ai conçu pour qu’il tienne sur une demi-page au format A4 (soit, au format A5).  J’imprime celui des deux prochaines semaines puis je les colle dans mon Bullet journal. Je le plus possible en vue, sous mes yeux (devrais-je dire plutôt « sous mon œil »J.

Ma méthode pour le remplir

Dans ce simple tableau sur Excel, je consigne toutes mes activités pour chaque jour de la semaine : mes rendez-vous, mes temps de repos, ceux consacrés aux courses, au ménage, aux lessives…etc.

Une fois que tous les impératifs sont calés, je prévois les créneaux pour répondre à mes besoins et/ou mes envies : la méditation, la lecture, et l’écriture !

Je dirais même que, l’écriture pour moi devient un impératif. Si je veux m’y entraîner et développer mes capacités à, je dois décider de pratiquer cet art de manière régulière.

Quand j’ai fini une activité, je la raye puis je m’octroie un petit temps pour moi, pour me féliciter.

Le soir, je fais le point : ai-je pris du retard sur ce qui était prévu ? Pourquoi ? (Je rattrape mon retard en premier le lendemain.).
Je regarde aussi la veille au soir ce qui est prévu pour le lendemain. Cela m’évite de me réveiller en pleine nuit pour tenter de m’en rappeler.

Le matin même, je revois encore mon planning, ce qui me remet en mémoire les tâches prévues pour aujourd’hui.

Et vous, planifiez-vous vos journées ? Utilisez-vous un planning ? Et si vous avez téléchargé le planning, est-ce que celui-ci vous a aidé et en quoi ?

N’hésitez pas à partager tout ça en commentant.

A bientôt !

Ludivine

Inoubliable rencontre

Cet article est le second et la suite de celui intitulé : « Ludivine continue de nous partager son aventure au Québec.« 

Un bon souper d’échanges entre deux inconnues

La soirée ne faisait que commencer. Fernande et moi nous étions rencontrées à peine une heure avant. Parce que le camping n’était pas encore ouvert en ce tout début du mois de mai, elle m’avait invitée à passer la nuit dans sa cour avec mon VR (véhicule récréatif, ou camping-car comme nous disons en France.)

Fernande avait déjà soupé, c’est comme ça qu’on dit au Québec pour parler du diner. Le « diner » d’ailleurs, là-bas c’est le repas du midi. Notre petit déjeuner à nous est appelé « déjeuner », parce que c’est le moment où, pour reprendre l’explication d’un ami québécois, on « casse le jeun », celui qui est en cours depuis la veille au soir.

J’avais pourtant de quoi me faire à manger dans mon VR, le genre de trucs rapides à préparer quand je suis fatiguée, mais quand elle a vu mes pâtes au fromage lyophilisées, Fernande s’est chaleureusement proposée de me préparer un filet de poulet avec une bonne petite salade fraîchement composée.

Pendant ce temps où elle préparait mon repas, nous nous parlions étrangement comme si nous nous connaissions depuis longtemps, comme deux amies qui se retrouvaient après un long moment sans s’être vues. D’ailleurs le tutoiement s’était imposé direct ! Les discussions elles, bien que passant rapidement d’un sujet à l’autre, étaient profondes : sur le sens de la vie, des épreuves, …etc.

Une amie épatée.

Comme beaucoup d’autres personnes que j’avais déjà croisées, Fernande me paraissait elle aussi très étonnée par moi, mais aussi par ce que j’étais en train d’accomplir. Elle ne cachait pas être littéralement impressionnée par :

  • Le fait que je sois partie en voyage au Québec aussi longtemps (2 mois),
  • Que je sois partie seule
  • Aussi loin de chez moi (la France), et
  • « En plus en fauteuil roulant ! » s’était-elle exclamée !

Une amie qui m’aide à comprendre ce que je vis.

J’avais presque immédiatement évoqué à Fernande que j’étais très fatiguée et que je ne comprenais pas du tout pourquoi, dans la mesure où, depuis mon arrivée, j’avais pris tout le temps de repos lorsqu’il m’était nécessaire, et parce que je m’arrangeais également à manger le plus sainement possible entre deux poutines 🙂

La poutine est un plat typiquement québécois, fait de frites, de fromage qui fait « couic couic » sous la dent et de sauce marron dans laquelle vous ne savez pas ce qu’il y a dedans. Mais c’est bon et ça cale bien ! Dès mon arrivée à l’aéroport, mes deux amies Caroline et Elise étaient venues me chercher et nous étions allées en manger une, pour que je puisse y goûter d’emblée !

Face à mon interrogation et mon incompréhension quant à ma grande fatigue, Fernande avait pu m’éclairer. Elle m’avait dit : « Attends un peu, c’est normal que tu sois fatiguée ! Tu as vu tout ce que tu fais de nouveau depuis quelques jours ? Tu es en mode apprentissage ! Cela provoque forcément un niveau de stress supplémentaire que tu dois gérer. »

Allons bon !

Au cours de ce repas improvisé et au beau milieu de nos échanges, mon hôtesse quitta la table. Je la voyais s’affairer d’une pièce à l’autre, passant de la salle de bain à la chambre, revenant au salon… Soudainement, elle me dit : « Je vais débarrasser ma chambre et tu vas dormir dans mon lit ! »

Intérieurement, c’était comme si je n’y comprenais pas grand chose : elle m’avait initialement proposé de passer la nuit dans mon VR, j’en étais restée là. Et maintenant, voilà qu’elle était en train de me laisser son lit !?

Parce que d’ordinaire je suis plutôt de celle qui aime rester discrète, j’aurais sûrement répondu que : « Non, ce n’est pas la peine, ne te dérange pas, j’ai tout ce qu’il faut pour dormir et je dors très bien dans le lit confortable du VR, j’ai tout : même le chauffage, la douche, les toilettes, la télé (+ le lecteur DVD s’il vous plaît ! LOL), le micro-ondes…etc. » Mais là je « me suis laissée faire » et j’ai dit « ok » sans trop chercher à analyser ni comprendre ce qui m’arrivait. De toute façon, je crois que j’étais bien fatiguée avec toutes ces émotions. J’étais bien fatiguée, ça oui, mais pas suffisamment pour ne pas partager par textos avec mes proches (ma famille, mes kinés), l’expérience que j’étais en train de vivre et qui ne faisait que commencer…

Et les surprises continuèrent…

Au réveil le lendemain matin, la maison était calme, très calme. Il y avait un doux sole Quand je suis sortie de la chambre, j’ai vu que le déjeuner (soit le petit-déjeuner pour nous français) m’avait été préparé. J’avais un petit mot de Fernande, notifiant qu’elle serait de retour vers 13h et deux numéros de téléphone : son portable (ou cellulaire en québécois) et celui du lieu où elle se trouvait ce matin.

J’ai eu un méga bug ! Moi Ludivine, je suis arrivée hier soir et de manière tout à fait imprévue chez cette belle personne inconnue. D’ailleurs, malgré nos longs échanges de la veille, je considérais que j’étais encore pour elle une personne inconnue… Ce matin, me voilà SEULE dans sa maison ?! Elle m’a laissée SEULE dans sa maison ?! Elle est capable de laisser sa maison à une inconnue ?! Comment une telle confiance en l’autre, en l’étranger, était-elle encore possible de nos jours ? Est-ce que nous avions, nous français, encore cette confiance envers les inconnus ? Assurément, pour moi la réponse était non. Mais qu’est-ce qui faisait que nous l’avions perdue ?

Je pris donc le temps de savourer, à la douceur du soleil traversant les vitres en ce milieu de matinée, les toasts qu’elle avait pris soin de griller avant de partir. Le café lui, resté dans une thermos, était encore tout juste chaud et parfait à boire sans plus tarder.

Je devais continuer ma route pour me rendre à Ottawa, mais à l’évidence je ne voulais pas repartir sitôt la fin de mon déjeuner. Je choisis donc d’attendre le retour de Fernande, de prendre le temps de dîner ensemble avant de continuer mon périple.

(Affaire à suivre…)

Plus qu’un voyage à l’étranger…

Un voyage à l’étranger qui devient un voyage à l’intérieur de soi.

 

Jérôme m’a proposé d’écrire un article sur mon voyage au Québec. Un véritable défi que j’ai accepté de relever, à un moment où je ne trouve plus tellement de raison de me lever le matin.

 

Ecrire, c’est quelque chose que j’ai pourtant eu envie de faire à mon retour en France, à la fin du mois de juin de cette année 2018. Parce qu’il s’en est passé des choses pour moi là-bas, au Québec, à travers ce long voyage de deux mois… Mais écrire, ce n’est pas évident quand il s’agit de parler de moi. J’ai peur de me dévoiler, de me mettre à nu, qu’on me juge…

Alors avec cet article, je me lance et on verra bien ! Peut-être qu’avec vos commentaires, vos questions, vos remarques, j’aurais des pistes pour continuer à en écrire. Parce qu’une chose est sûre : à l’écrit comme à l’oral, j’aime raconter mon quotidien,  parce que je vois bien que je suis capable de vous inspirer.

Je m’appelle Ludivine Lesénéchal et j’ai eu 37 ans cette année.

Pourquoi suis-je partie si loin et aussi longtemps ?

A l’origine de ce voyage, j’avais ce besoin de partir loin et longtemps, pour faire le point sur ma relation sentimentale de presque dix ans. Je me sentais alors dans une impasse : Bien que la recherche génétique avait permis d’identifier la mutation à l’origine de mon handicap, et pouvait ainsi empêcher tout risque de transmission à ma descendance, mon ami ne voulait toujours pas s’engager plus loin et fonder une famille.

J’avais pensé à ce voyage dès le mois de novembre 2017.

Les étapes pour organiser ce voyage

Mon premier challenge était de réussir à confier mon vieux chien à ma mère, ce que bien sûr, elle a généreusement et facilement accepté.

Deuxième étape pour me rassurer, j’ai créé un groupe sur Facebook, afin que les personnes du Québec que je connaissais puissent m’aider à organiser mon voyage :

  • Je voulais savoir par exemple les endroits incontournables à visiter, ceux qui me seraient également accessibles.
  • Mais encore, où étaient situées les personnes que j’avais en ami(e)s Facebook et si je pouvais les visiter, avec l’objectif de transformer nos relations virtuelles en réel.
  • Comme j’aime manger et découvrir de nouvelles saveurs et habitudes autour de l’alimentation, je voulais aussi connaître les spécialités locales à déguster ou à ne pas manquer.
  • Vu que je suis en fauteuil roulant, je voulais savoir si je pouvais me déplacer facilement avec les transports en commun, ou s’il me faudrait louer une voiture par exemple.
  • Enfin, j’avais aussi conçu sur ce groupe FB une rubrique pour demander et vérifier si c’était possible de travailler là-bas, le temps de mon séjour, en tant que formatrice (remise à niveau en français).

Troisième étape, mais qui aurait en fait très bien pu être la première : Réserver mes billets d’avion A/R. Je ne vous raconte pas la peur et mon malaise avant d’être capable d’appuyer sur le bouton « Acheter » du site de réservation !

Même si je n’avais pas tellement l’impression d’être stressée, c’était quand même la première fois que j’allais partir si loin, dans un pays inconnu, seule alors que je suis en fauteuil roulant, et sur une durée aussi longue.

Le plus stressant en fait, pour moi c’était de ne pas savoir ce que j’allais y faire, bien que je sache pourtant que le programme se dessinerait au fur et à mesure, par les échanges et les informations qui me seraient données sur le groupe.

Un « point final » anticipé

Chose inattendue,  un mois et demi avant le jour du grand départ, le huit mars (journée de la femme !), j’ai reçu une longue et magnifique déclaration d’amour par email. Grâce à cela, j’ai eu le courage de rompre. Ça a été dur, parce que je voyais mon ami souffrir, mais il y a eu en moi un tel sentiment de libération et de soulagement, que je ne pouvais les nier. J’étais si apaisée de ma décision !

Malgré cette épreuve très difficile pour lui, mon ami a été très loyal et il est resté s’occuper de mes chattes durant tout mon voyage, comme il s’y était engagé initialement.

Alors qu’à la base l’objectif de ce voyage était de faire le point sur ma relation sentimentale, avec cette séparation je suis donc partie pour ainsi dire, « Libérée, délivrée ! » Très vite et avec le recul, je me suis aperçue que cela m’avait permis de mieux profiter de chaque jour, de chaque instant : Je n’avais plus cette problématique en toile de fond, cette mise au point à faire. J’aurais peut-être même eu la boule au ventre de revenir en France tout en ayant à affronter l’inéluctable.

Parce qu’au fond de moi, je crois que je savais que l’issue était celle de la séparation : La distance m’aurait simplement aidée à lui faire part de ma décision. Ça aurait été plus facile de ne pas être là et le voir souffrir.

Ce que j’ai trouvé dans ce voyage

« Libérée, délivrée », je suis donc partie avec une ouverture totale aux événements, aux autres et à ce qui se passait en moi.

L’amour

La distance et les deux mois passés là-bas m’ont confortée dans mon choix de m’être séparée. Je réalisais que je m’étais enfin choisie et je ne regrettais rien ! J’étais bien ! Sereine et confiante qu’un meilleur et plus bel avenir amoureux m’attendrait. Et, si l’occasion s’était présentée là-bas de rencontrer mon prince charmant, j’aurais été prête à l’accueillir.

C’est bien connu aussi, les québécois sont des gens sympas, voire très sympas : Je me suis sentie, très vite, inondée d’amour !

Toutes les preuves d’amour que je recevais ont eu dans les premiers temps l’effet d’un tsunami : j’en étais tellement émue que j’en pleurais ! Jusqu’à ce que j’intègre finalement l’idée que j’y avais droit, que c’était un droit légitime que d’accepter et de profiter de cet amour, de me remplir de lui jusqu’à ce que la coupe soit pleine et déborde ! Mais pouvais-je réellement être rassasiée de recevoir de l’amour ???

Une chose est sûre, c’est que j’étais naturellement dans le partage : Je suis par nature, celle qui écoute l’autre sans le juger, qui lui permet de s’exprimer et bien souvent de se libérer. J’écoute mais je ne dis rien, ou très peu,  surtout pas si ce que je pense contredit mon interlocuteur. Je suis de celle qui ne veut surtout pas blesser,  et parce que très sûrement je ne veux pas être blessée en retour…

L’autonomie et le courage

Ce voyage m’a également permis de reprendre conscience de ma plus grande qualité : le courage. Je n’en avais pas conscience et au tout début de mon voyage cela ne me paraissait même pas extraordinaire, mais j’ai en fait  rapidement compris que j’avais osé ce que beaucoup n’auraient pas fait !

Je m’en suis rendue compte à force de discuter avec les personnes que je rencontrais : « Mais vous êtes toute seule ? » me questionnaient-elles toutes quasi-systématiquement. Elles devaient sûrement se demander comment une femme en fauteuil roulant pouvait avoir eu l’audace de partir si loin et seule, dans sa situation ?

Bien qu’en situation de handicap, j’ai toujours cherché à être autonome sur un maximum d’activités au quotidien. Et là pour le coup, j’ai vraiment eu à apprendre à faire de nouvelles choses ! Je ne vous ai pas encore dit, mais j’avais loué un petit camping-car pour pouvoir aller où je voulais en toute autonomie, et pouvoir surtout me reposer aux moments où j’en avais le plus besoin. Mais je n’étais jamais partie en vacances en camping-car ! Il m’a fallu, par exemple, apprendre à conduire un véhicule d’un aussi grand gabarit et alors que je ne vois que d’un œil, à me repérer sur des routes et dans des grandes villes inconnues (merci à l’inventeur du GPS !), à faire les vidanges des eaux grises et noires …etc.

Cela n’a pas été facile au début, j’étais en plus très fatiguée : Je pensais juste que c’était à cause du décalage horaire (6h), mais mon amie Fernande récemment rencontrée m’avait fait comprendre que ma fatigue venait très certainement du mode « apprentissage » dans lequel j’étais plongée, de fait.

Autre réapprentissage et non des moindres, a été de reprendre peu à peu à marcher. Car contrairement à lorsque je suis dans mon appartement, en étant dans ma « maison mobile », je ne pouvais pas rester dans mon fauteuil pour circuler ! J’étais donc plus souvent debout. Sans compter les efforts que je devais fournir pour monter et descendre du véhicule, que ce soit pour moi ou mon fauteuil roulant !

Reprendre la marche, m’apercevoir que je pouvais le faire, a été la plus belle découverte de ce voyage. D’ailleurs, peu de temps avant la fin, quand les personnes me demandaient si je n’étais pas trop triste qu’il se finisse, je disais : « Non, mon voyage ne finit pas ! Au contraire, il ne fait que commencer !!! »

En rentrant en France, je me suis donc entraînée chaque jour à augmenter ma distance de marche : d’une centaine de mètres aux premiers essais, je suis arrivée à mon record actuel de près de deux kilomètres et ce, deux jours d’affilée.

L’envie de transmettre et de raconter le tout : mes difficultés.

J’avais donc, à mon retour, envie de raconter tout cela : mes rencontres, mes échanges, mon cheminement intérieur, mes bienfaits au niveau de ma santé et de la reprise de la marche. Mais comment ? Un livre me paraissait être une très bonne idée, mais chaque fois que je m’y mettais mon saboteur intérieur revenait à la charge : « Mais qui es-tu toi ?! Tu crois vraiment que les gens vont s’intéresser à ce que tu racontes ?! »

J’ai depuis réussi à écrire quelques pages, mais avec difficultés et sans grande conviction que cela pourrait servir un jour. Il m’est tellement plus simple d’écrire pour les autres ou d’améliorer leurs écrits, c’est d’ailleurs une partie de mon travail actuel.

Alors voilà, je lance ce premier jet et on verra bien la suite ! Si c’est en forgeant qu’on devient forgeron, alors c’est sûrement en écrivant que j’arriverai un jour à être satisfaite de ce que j’écris, non ?

Mais je vois bien que c’est difficile et pas encore naturel ou fluide : Je suis tentée de procrastiner en jouant à des petits jeux sur mon téléphone, j’ai la tête préoccupée par plein de pensées qui cherchent à me faire diverger, j’ai envie de grignoter des fruits secs, je me dis que je dois faire du rangement avant de pouvoir m’y mettre…

Avez-vous aimé lire cet article ? Qu’aimeriez-vous savoir de plus concernant ce voyage ? Avez-vous déjà eu l’envie d’écrire sur vous ou quelque chose que vous avez vécu ? Comment avez-vous fait ?