« Je suis en colère. »

Etre en colère : à qui cela n’arrive-t-il pas ?
Souvent, pour que j’en arrive à ce stade, à ce ressenti, à cette émotion, à cette sensation désagréable à vivre, c’est qu’il s’est passé une succession de choses, des situations vécues, ou même des mots que j’ai entendus… J’ai alors naturellement besoin/envie de dépasser ma colère, pour avancer, sortir de cet état de souffrance dans lequel me plonge ma colère.

Quand tout va bien pour moi, je ne me demande pas « comment gérer cette colère ? » puisqu’elle n’est pas là. Elle ne se manifeste pas et je ne souhaite pas non plus la vivre, car d’après les « on m’a dit », la colère n’est pas vraiment une bonne solution pour avancer dans la sérénité et la stabilité sur le long terme.

Pourtant, d’après ce que je remarque, beaucoup de personnes sont en colère. Alors pourquoi me dit-on de ne pas l’être ?

Est-ce un secret, la colère ?
Qui aime la colère ?
Comment gérer la colère ?
Où mène la colère ?
A quoi sert la colère ?
Pourquoi la colère ?
Pour quoi la colère ?
Pourquoi est-ce utile de se poser tant de questions sur la colère, alors que c’est quelque chose dont je ne veux pas ?!

Est-ce que la colère que je ressens et que je peux exprimer (ou réprimer), m’aide à prendre ma place, dans la vie et dans ma vie ?
Si je ne fais que de me poser des questions sur l’origine de ma colère, je ne pourrais pas réussir à la dépasser et à avancer. Prenons des exemples de questions qui entretiennent notre colère :

– « Pourquoi est-ce qu’il (elle) m’a fait/dit/reproché cela !? » : on est en colère après l’autre, on rend l’autre responsable de notre colère, on se dit que « c’est de sa faute ! »

– « Pourquoi est-ce que j’ai dit oui/fait/pas fait ça ?! » : on est en colère contre nous et notre incapacité à dire non. On ne comprend pas comment on en est arrivé là et on se sent frustré.

Pour remédier à la colère qui vient nous traverser, est-ce utile de nous focaliser uniquement sur ce genre de questions, sur les causes qui pourraient en être à l’origine ? Bien sûr que non, car ce qui est « est ». Le passé est passé. La colère que vous ressentez présentement est un fait et rien d’autre.
Pour donner un sens à cette colère, vous pourrez créer toutes sortes d’histoires possibles, mais seule, notre interprétation pourra être erronée.

Quand je suis en colère, je suis à la croisée de deux chemins : celui du « oui » et celui du « non ». Pour remédier à ma colère, je dois donc prendre une décision, mais laquelle ?
Si je n’arrive pas à me décider, alors je me renseigne, je collecte et relève de nombreuses informations sur l’un comme sur l’autre :

– « Si je dis « oui », ça fait quoi ? »
– « Si je dis « non », ça fait quoi ? »

C’est déstabilisant, car contrairement à ce que j’avais initialement imaginé (que les réponses seraient simples à trouver), je me suis vite aperçu qu’elles étaient bien plus complexes que ça.

Utopie et/ou paradoxe, j’ai fini par prendre conscience que ma stratégie de prendre un maximum d’informations, dans le but de prévenir, de dépasser et de rejeter la colère, n’a en réalité fait qu’attiser ma colère.

Mais que s’est-il réellement passé dans ce tour de passe-passe ?

Certains disent que « oui », la colère est utile et même indispensable, alors que d’autres vous diront que « non », elle est à rejeter, à bannir et à exterminer.

J’ai alors mené ma petite enquête, et après avoir bourlingué entre l’une et l’autre, pour choisir, je me suis rendu compte que les deux points de vue se valaient.

Maintenant, des nuances sont à mettre en avant, entre l’un et l’autre point de vue. Il n’est plus question pour moi d’être aussi radical comme j’ai pu l’être il fut un temps.

Alors quoi choisir ?
Ludivine et moi-même avons abordé au cours de nos précédents articles, une approche tant sur le « choix » que sur comment percevoir et ressentir cette sensation du choix qui est propre à chacun ? 

Je vais tenter de vous transmettre ce que j’ai pu retirer de cette superbe expérience que Ludivine m’a permis de réaliser, en prenant tant la gestion de mes articles ainsi que leur rédaction. 
C’est une superbe opération qui a été réalisée avec brio, puisque Ludivine a commencé au cours des semaines précédentes à prendre de plus en plus sa place, jusqu’à finir par prendre sa place en passant par une certaine forme de colère. (Elle vous parlera très certainement de son cheminement dans son prochain article.)

Pourquoi, j’emploie les mots « forme de colère »?
Tout simplement car au cours de mes dernières expériences, j’ai découvert que la colère n’avait pas qu’une seule forme, mais qu’elle en avait en réalité une multitude ! Je ne mets volontairement pas de nombre exact, car je découvre encore aujourd’hui de nouvelles formes de colères et c’est « wouah ! », c’est extraordinaire !
La colère peut être petite, grande, profonde, superficielle et nous pouvons même y mettre des couleurs. Celle qui ressort le plus souvent est le « rouge » : « je vois rouge », « je suis rouge de colère… »

Lorsque je me trouve dans cet état de colère, mon attention ne parvient plus à être portée sur ce que je veux exactement au fond de moi, surtout si je retiens cette colère, que je ne la laisse pas sortir, que je n’arrive pas à l’exprimer.
Je créé comme une sorte de bouchon en moi, pour contenir cette colère et faire comme si de rien était.

Maintenant, si vous voulez changer votre état de colère, il est impératif de changer quelque chose pour obtenir un apaisement en vous. Car bien sûr vous pourrez tenir un temps comme cela, mais tôt ou tard votre digue de protection ne suffira plus pour contenir votre colère qui s’accumule, et elle finira par céder.
Tout comme la poubelle de notre cuisine, si nous ne la vidons pas régulièrement, elle se remplit et finit par déborder.

« Tout ce qui est réprimé est compulsé. »
Et oui, parce qu’à force de retenir les choses, cela finit par péter et sortir à l’extérieur, et même souvent sur l’extérieur (les autres). Les émotions, surtout celle de la colère, doivent être gérées en temps et en heure afin de ne pas en arriver au stade où vous serez submergé par un raz-de-marée de colère.
D’autant plus que si vous laissez les choses arriver au stade où vous n’en pouvez plus, à la compulsion, elle sera difficilement maîtrisable. A n’importe quel moment et circonstances, sans prévenir, vous risquerez d’exploser !
Cela est plus fort que nous, ça sort et surtout : ça sort parce que ça a besoin de sortir. 
Quelque part, la nature reprend ses droits et une fois que cela est sorti, nous nous sentons mieux et apaisé dans le meilleur des cas.


La meilleure solution que j’ai observée : Vivre la colère que l’on ressent, se laisser traverser par celle-ci du mieux que nous pouvons, nous autoriser à éprouver de la colère. Nous avons su le faire enfant, où nous savions nous exprimer lorsqu’une situation nous contrariait ou lorsque nous avions vraiment envie/besoin de quelque chose. Alors tentons de le refaire, avec cette fois nos yeux d’adulte.
Les résultats sont exceptionnels, essayez, vous verrez.
Quand vous vous interdisez la colère, elle est absente pendant un long moment mais apparaîtra subitement et dans des mesures disproportionnées.
En vous autorisant la colère, vous ne la verrez rarement grandir et elle sera simplement juste, et toujours à sa juste place.

Et vous les amis, comment gérez-vous votre colère ?

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